0

FR Chambre de commerce Brussels Kamer van Koophandel Rapport d’activités 2019

BOOSTEZ VOTRE ACTIVITÉ SUR LE WEB À BXL. Laissez-vous accompagner et inspirer par les meilleurs experts digitaux. Comment créer une boutique en ligne ? Qui pour vous créer un nouveau logo ? Voici quelques-unes des questions auxquelles vous pourrez répondre sur accelerationdigitale.be. Vous y rencontrerez des experts indépendants inspirants, et proches de chez vous. Ils vous accompagneront dans toutes vos problématiques digitales : ecommerce, webdesign, emailing ou sécurité. Que vous soyez client Telenet ou pas ! Découvrez maintenant accelerationdigitale.be ! Frederik De Wachter Expert digital Chloë De Bruyn Atelier d’orfèvrerie Claessens Plus d’infos et conditions sur accelerationdigitale.be

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! O ù trouver les modèles qui nous permettront, au-delà de la résilience, d’apporter des réponses aux défis d’aujourd’hui ? Telle est la question qui se pose aux entrepreneurs – et à leur organisation bruxelloise. Beci, nous en sommes convaincus, est appelée, pour y répondre, à se concentrer toujours davantage sur des projets. Et à fédérer – c’est le maître-mot. Plutôt que de nous focaliser sur des services rendus individuellement, nous devons nous demander quels buts nous pouvons atteindre ensemble. Quels sont les projets qui performent, dans telle ou telle entreprise, et dont les autres entreprises bruxelloises pourraient bénéficier ? Quels sont les projets pertinents, qui valent la peine, qui ont du sens à être partagés et auxquels nous puissions travailler ensemble ? Voilà des modèles qui nous passionnent ! Prenons l’exemple de la mobilité – l’une de nos préoccupations majeures, qui se heurte souvent à des comportements grégaires. Un problème collectif qu’il ne faut visiblement aborder ni dans l’individualisation, ni dans la réglementation (car même le feu rouge ne parvient pas à se faire respecter). Dans cet esprit, Beci avait inauguré l’an dernier l’espace MO dédié à la mobilité urbaine – lequel va prochainement déménager au centre-ville pour s’ouvrir au plus grand nombre. Ces derniers mois, nous avons été plus loin, en travaillant avec différents partenaires à une réflexion disruptive sur la mobilité, dans et autour du site de Tour & Taxis – une ville dans la ville. Un exercice d’intelligence collective qui, nous l’espérons, se traduira en solutions concrètes et efficaces, mais aussi inspirantes, applicables ailleurs, au profit de tous. Aujourd’hui, nous adoptons la même démarche pour affronter le défi environnemental. C’est le City Climate Challenge : un vaste brainstorming pour faire émerger 30 projets et réduire de 30 % les émissions de CO2 à Bruxelles, d’ici 2030. Et nous espérons bien découvrir une mine d’idées où d’autres encore viendront piocher. L’enjeu est à la fois entrepreneurial et sociétal. Pour réussir dans une telle entreprise, nous devons nous interroger, partager, travailler collectivement sur des projets-pilotes qui nous permettront d’essayer, tester, nous tromper, ajuster… et évoluer ensemble. Voilà ce que vous propose Beci. Olivier Willocx, CEO de Beci Beci Rapport d'activités 2019 | 1

Chambre de commerce Brussels Kamer van Koophandel Rapport d’activité Beci 2018-2019 Editeur responsable Olivier Willocx ow@beci.be Avenue Louise 500 — 1050 Bruxelles T +32 2 648 50 02 — F +32 2 640 93 28 www.beci.be Rédaction Media Coordinator - Emmanuel Robert er@beci.be - T +32 2 643 78 44 Ont collaboré à cette publication : Géry Brusselmans, Elisa Brevet, Vincent Delannoy, Mehdi Ferron, Gaëlle Hoogsteyn, Cécile Huylebroeck, Ischa Lambrechts, Ophélie Legast, Peter Van Dyck et Matthias Vanheerentals. Production Graphisme : Isabelle André Design couverture : Zsofi Lang Impression : DB Print Traduction : Litteris Publicité Anne Schmit asc@beci.be - T +32 2 563 68 53 Membership Catherine Tricot T +32 475 49 65 72 - ctr@beci.be Cette publication est également disponible en néerlandais. BRUXELLES ENVIRONNEMENT ENTREPRISE DYNAMISCHE ECO LEEFMILIEU BRUSSEL ONDERNEMING DYNAMIQUE label n. 2014/351/2 5 8 10 18 22 25 26 29 Sommaire Rapport d’activité Beci 2018-2019 Marc Decorte, président de Beci : « Une chambre digitale, commerciale et internationale » Élections : un travail de fond Jan De Brabanter : « Bruxelles doit être plus ambitieuse » 12 Baromètre : des entrepreneurs confiants et volontaires 16 CVO Semper, l’école axée sur l’entreprise Population, économie, emploi : Bruxelles en chiffres 2019, les leçons de la digitalisation Bruxelles Métropole, magazine partagé City Climate Challenge Projet 30/30/30 : réduire l’impact CO2 d’ici 2030 Bruno Colmant : « La durabilité offre un retour sur investissement » 30 L’intelligence collective au service des défis sociaux 31 32 33 34 35 Conseil, info, événements, formations : un an auprès des entrepreneurs Starters : le lancement d’entreprise est en de bonnes mains Formations : les nouveaux défis appellent de nouvelles compétences Commerce international : connecter les entreprises dans un réseau d’affaires mondial 37 Entreprises en difficulté : une aide gratuite, unique en Belgique 38 ReStart : « Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs » (Marcel Proust) 39 LEEF MILIE U BRUSSEL 40 10-32-2225 10-32-2225 PRINTED ON TCF PAPER 2018-2019 : un an d’actualité Beci en photos Hub Transmission : démythifier la cession et l’acquisition d’entreprises Leo Exter : « La méthode collaborative amènera des résultats » Entreprise 2 | Beci Rapport d'activités 2019

© Bolivar Pereira

4 | Beci Rapport d'activités 2019

« Une chambre digitale, commerciale et internationale, voilà ce que je souhaite laisser en héritage » Si une chambre ne se numérise pas elle-même, comment peut-elle motiver ses membres à le faire ? Marc Decorte, président de Beci Voici déjà deux ans bientôt que Marc Decorte a été élu à la présidence de Beci. Il dresse pour nous un bilan de mi-mandat et nous parle de ses priorités pour la suite, en particulier le projet 30/30/30 qui sera au cœur des prochaines actions de Beci. Gaëlle Hoogsteyn «L orsque j’ai pris la présidence de Beci en 2017, l’une de mes priorités était la digitalisation de la chambre de commerce », commence Marc Decorte. « Pourquoi ? Parce que si une chambre ne se numérise pas elle-même, comment peut-elle motiver ses membres à le faire ? Beaucoup de gens voient le digital comme un moyen de réduire les coûts ou le personnel. Personnellement, je le considère plutôt comme un moyen de booster l’organisation et de faire plus pour nos membres. » « Fier du chemin parcouru par nos équipes » Cette numérisation se concrétise à travers le projet The Cham, lancé il y a deux ans et qui a formidablement bien avancé. « The Cham, c’est un véritable iceberg. La partie visible est constituée par les changements dans notre bâtiment, par notre nouveau site web, par la plateforme be.connected, etc. Ce qui fait déjà beaucoup. Mais la partie cachée de l’iceberg est encore bien plus importante : c’est la façon dont on travaille et dont on s’adapte. En automatisant certaines tâches, notre personnel gagne du temps qu’il peut consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée ou à des missions plus commerciales. Le digital peut alors devenir une source de nouveaux revenus. Je suis vraiment très fier du chemin parcouru, car l’équipe a répondu d’une manière très positive. Il y a eu des moments de doute, mais le doute est humain et positif, car il permet de protéger l’existant. Bien sûr, nous ne sommes pas au bout du projet. La digitalisation n’est pas un processus qui va s’arrêter à un moment donné. Je souhaite donc, pour les deux ans à venir, continuer à investir dans le projet, surtout au niveau de l’humain. Quand on met de nouveaux outils en place, les frontières traditionnelles entre les équipes changent. Nous comptons déjà d’excellents joueurs dans nos équipes internes et externes. Ce que je désire, c’est les faire jouer encore mieux ensemble, dans une super équipe qui puisse viser encore plus haut. » « Il faut clairement voir plus grand » Un autre point tenait à cœur à Marc Decorte, qui a réalisé la plus grande partie de sa carrière à l’étranger : l’internationalisation de la chambre. « Nos membres sont Beci Rapport d'activités 2019 | 5 © Reporters

Assemblée générale de Beci, le 3 octobre 2018. des entreprises bruxelloises, mais notre marché ne se limite pas à la capitale. Dans ce cadre, nous avons beaucoup investi dans le développement de notre service international, que ce soit via notre plateforme be.connected, nos missions à l’étranger, nos rapports avec les autres chambres de commerce et les ambassades, etc. » Pour la suite de son mandat, Marc Decorte souhaite continuer dans ce sens afin que la chambre de commerce puisse être une porte encore plus ouverte sur le monde. Cela se fera en continuant à investir dans be.connected, mais aussi au travers d’activités telles que la mission prévue à Dubaï à la rentrée. « Le marché belge est petit et il faut clairement que les entreprises voient plus grand. Je suis parfois étonné de voir que des petites startups pensent tout de suite à lancer leurs produits au niveau international alors que ce n’est pas nécessairement le cas de PME pourtant déjà bien établies. » « Ensemble, on est plus forts » Outre ces deux grands projets, et dans le contexte des récentes élections, Beci a aussi travaillé sur plusieurs gros dossiers au cœur des préoccupations des entreprises bruxelloises : mobilité, économie circulaire, formation, durabilité… « Nous avons fait un immense travail de lobbying et de préparation pour que le point de vue des entrepreneurs soit pris en compte. Je suis heureux que nous 6 | Beci Rapport d'activités 2019 ayons pu travailler main dans la main avec l’UWE, le Voka et la FEB. En effet, au-delà des différences régionales, les préoccupations des entreprises sont communes. Pendant la période pré- et postélectorale, avoir pu distiller ensemble des messages-clés aux différents partis politiques leur a donné plus d’impact. Ensemble, on est plus forts. » Parmi les grands sujets mis sur la table, on retrouve bien sûr la mobilité. « Depuis de nombreuses années, elle est au cœur du débat. Personnellement, plutôt que de voir la mobilité comme un problème, je la vois comme un challenge. Oui, Bruxelles est congestionnée. Oui, il y a des travaux. Mais cela veut aussi dire que Bruxelles attire du monde, et cela, il faut en être fiers. » Bien sûr, cela reste un défi, mais pour Marc Decorte, plus aucune entreprise, ni aucune institution publique ne pourra le relever seule. « La solution réside dans la création d’un écosystème, dans la mise en commun de compétences pour mettre en œuvre une vision globale de la mobilité, notamment via la création de plateformes multimodales. Beaucoup de solutions intéressantes voient le jour ; la nécessité aujourd’hui est de les organiser et de les connecter les unes aux autres. Le MO, lancé par Beci, est un bel exemple du type d’initiatives qui peuvent être mises en œuvre. » Le marché belge est petit et il faut clairement que les entreprises voient plus grand. Je suis parfois étonné de voir que des petites start-ups pensent tout de suite à lancer leurs produits au niveau international alors que ce n’est pas nécessairement le cas de PME pourtant déjà bien établies.

« Mon focus : le projet 30/30/30 » « Toutes ces réussites me donnent envie de mettre la barre encore plus haut », commente Marc Decorte. Dans ce cadre, le projet 30/30/30 — qui vise à réduire de 30 % les émissions de CO2 d’ici 2030 au travers de 30 entreprises/projets — sera au cœur des actions de Beci. « La durabilité, c’est un peu comme la digitalisation : on peut en avoir peur ou décider d’en faire la source de nouveaux challenges. Pour moi, la durabilité offrira plus de jobs et de nouvelles opportunités que les révolutions industrielles passées. Les défis sont énormes. Toute entreprise doit bien sûr être attentive à l’impact de ses activités sur l’environnement. Dans nos pays, ce volet ‘planet’ est accepté par la majorité d’entre elles. Ce qu’elles ne voient pas encore, c’est le volet ‘profit’. D’un côté, on a peur que travailler de façon durable coûte plus cher, mais d’un autre côté, les opportunités qui vont apparaître restent méconnues. Dans les années à venir, de nouveaux business vont se créer. Les déchets produits par les uns pourront devenir les matières premières des autres. Les entreprises qui sont capables de se projeter à long terme dans le business du futur auront accès à des opportunités gigantesques. Enfin, au niveau ‘people’, de plus en plus de jeunes sont attentifs à la politique CSR des entreprises dans le choix de leur employeur : investir dans la durabilité est donc un atout pour attirer et garder les meilleurs talents dans un marché de l’emploi tendu. Les clients, eux aussi, sont de plus en plus nombreux à faire des choix très clairs liés à la durabilité. Le client est-il prêt à payer un peu plus cher parce que les produits et services dont il a besoin sont durables ? La réponse est bien souvent oui. D’autant que, s’il y a parfois une différence de prix au début, celle-ci s’efface dès que l’on automatise certaines parties du procédé. Ce critère de coûts est donc vraiment temporaire et ne devrait pas constituer un frein. » En bref, allier durabilité et profit, c’est possible. Et c’est ce que Beci veut prouver avec le City Climate Challenge. « Le projet 30/30/30 est un premier grand Nous avons fait un immense travail de lobbying et de préparation pour que le point de vue des entrepreneurs soit pris en compte. Je suis heureux que nous ayons pu travailler main dans la main avec l’UWE, le Voka et la FEB. Ensemble, on est plus forts. pas soutenu par notre conseil d’administration pour voir comment on peut, en tant que chambre de commerce, aider les entreprises à faire la différence. » « Renforcer la formation des entrepreneurs » La formation est aussi un enjeu qui va prendre plus de place dans les objectifs du président de Beci. « Lorsque j’ai entamé mon mandat, je ne me rendais pas compte que Beci était l’un des plus gros acteurs de l’éducation pour adultes, que ce soit pour les gens qui veulent (ré) entrer sur le marché du travail ou développer leurs compétences pour pouvoir évoluer. Mais cela a vraiment du sens. Le marché du travail est tendu et les entreprises cherchent des employés de plus en plus qualifiés ou spécialisés. Par ailleurs, les compétences évoluent sans cesse. Si cet aspect formation n’était pas encore aussi clair dans ma vision initiale, je suis aujourd’hui persuadé que c’est un domaine dans lequel il faut vraiment investir. Dans les mois qui viennent, nous allons notamment nous pencher sur des formations innovantes pour les métiers en forte demande. » « Des objectifs, mais aussi un héritage » Ces dernières années, le monde est en perpétuelle transformation et celle-ci ne fera que s’accélérer. « La digitalisation, l’intelligence artificielle, la durabilité… Il y a des vagues de fond que l’on ne peut pas arrêter. Et quand je dis ‘vagues’, ce seraient plutôt des tsunamis. Aux entreprises de choisir si elles veulent rester en tongs sur la plage et se noyer, ou si elles se donnent à temps les moyens de surfer sur ces vagues. En tant que chambre de commerce, notre rôle est de les aider à s’y préparer au mieux. Mon souhait, d’ici deux ans, est que la chambre soit devenue plus digitale, plus commerciale et plus internationale », conclut-il. « Le chemin parcouru ces deux dernières années me donne toute confiance dans l’idée que nos équipes peuvent y arriver. » • La durabilité, c’est un peu comme la digitalisation : on peut en avoir peur ou décider d’en faire la source de nouveaux challenges. Pour moi, la durabilité offrira plus de jobs et de nouvelles opportunités que les révolutions industrielles passées. Beci Rapport d'activités 2019 | 7 © Reporters

Élections : un travail de fond Si, de manière habituelle, les experts de Beci produisent de nombreux avis et recommandations en défense des employeurs et des entrepreneurs bruxellois, leur travail redouble d’intensité en période préélectorale, électorale et postélectorale. Nous passons ici en revue quelques-unes des principales actions qui ont été menées ces derniers mois. Vincent Delannoy P our peser sur les débats, il importe de s’y prendre à temps, afin de présenter des propositions claires, bien documentées, portées ensemble par les fédérations sectorielles et les entrepreneurs. Autour de thèmes majeurs, les experts du Centre de Connaissance (CDC) ont préparé quatre mémorandums présentant 91 mesures à mettre en œuvre : les mémorandums Mobilité, Cité du Futur, Vers le plein emploi et Financer ses ambitions. Dès le 2 octobre 2018, ces documents étaient remis en mains propres au ministre-président Vervoort, aux ministres Vanhengel et Gosuin, et à la secrétaire d’État au Commerce Extérieur, Cécile Jodogne en présence de 250 entrepreneurs. L’accueil réservé par les ministres à ces propositions fut très positif et le ministre-président souligna, à cette occasion, que Beci était la première organisation à lui remettre son mémorandum. Les ministres ont lu nos propositions et, à différentes occasions, nous en avons débattu directement avec eux en présence de nos membres : CEO et fédérations sectorielles. À partir du mois de mai 2018, avec le mémorandum Mobilité, les propositions Beci ont largement circulé à travers différents canaux. Notre mensuel Bruxelles Métropole (14.000 exemplaires, hors audience online), a approfondi dans chacun des dix numéros qui ont précédé les élections, une mesure particulière du mémorandum de Beci. L’importance des communes Bien avant la tenue du scrutin communal, Beci a pris contact avec les échevins en charge des matières socio-économiques : commerce, classes moyennes, innovation. Nous leur avons soumis notre Charte communale 2018-2024 intitulée : Les entreprises au cœur du développement communal. La Charte a aussi été envoyée aux sections locales des partis avec lesquelles nous avons eu l’occasion de dialoguer. Rencontre avec le ministre-président Rudi Vervoort (PS). En janvier 2019, les entrepreneurs déjeunent avec Pascal Smet (SP.A), ministre bruxellois de la Mobilité. 8 | Beci Rapport d'activités 2019 En février, les membres de Beci rencontrent successivement le ministre bruxellois des Finances, Guy Vanhengel (Open VLD)… … et son homologue de l’Énergie et de l’Environnement Céline Fremault (cdH)

La perspective du scrutin a été une excellente opportunité pour nos experts et pour les membres de Beci de rencontrer les candidats et de débattre avec eux de manière très concrète sur les programmes et les enjeux, spécialement sur le thème de la place des entreprises dans leur commune. Nous avons ainsi pu rencontrer Boris Dilliès, Benoît Cerexhe, Christos Doulkeridis, Johan Van den Driessche, Olivier Maingain et Rudi Vervoort. Rencontres avec les ministres et les têtes de listes régionales Sur la base des mémorandums Beci, nos experts et certains de nos membres ont eu l’occasion de dialoguer avec les ministres en exercice et des têtes de liste au cours de tables rondes thématiques. Au total, une douzaine de rencontres ont été organisées, avec des débats et échanges très qualitatifs en présence de Rudi Vervoort, Guy Vanhengel, Bianca Debaets, Céline Fremault, Pascal Smet, Didier Gosuin, Cécile Jodogne, Alexander De Croo, Alain Maron, Elke Van den Brandt, Cieltje Van Achter, Françoise Schepmans et Bernard Clerfayt. Une démarche inédite Beci-Voka-UWE Dans une démarche inédite et remarquée, les représentants patronaux des trois Régions ont uni leurs forces pour porter un message commun auprès des exécutifs des trois Régions et du gouvernement fédéral. Ainsi Beci, l’UWE et Voka ont rencontré le mardi 7 mai Charles Michel, Rudi Vervoort, Geert Bourgeois et Willy Borsus pour discuter des priorités des employeurs et leur remettre en mains propres un document intitulé : 12 priorités pour les prochaines coalitions régionales et fédérale. Début mai, Beci, Voka et UWE rencontrent ensemble le premier ministre et les trois ministres-présidents régionaux. Dans ce document, les trois représentants patronaux régionaux expriment un message identique : il existe 6 domaines socio-économiques importants dans lesquels des interventions fondamentales sont nécessaires de toute urgence pour élever le niveau de l’économie et de la société dans chaque région, à savoir la mobilité, l’enseignement, le marché du travail, les pouvoirs publics, l’énergie, l’innovation. Parlement, accord de gouvernement et nouvel exécutif Dès l’installation des nouveaux élus au parlement bruxellois, Beci les a félicités et leur a envoyé l’information relative à ses mémorandums. Durant les négociations, les dirigeants de Beci ont été reçus par les formateurs afin de porter le message des employeurs bruxellois. Quant à l’accord de gouvernement, l’heure de vérité viendra au moment de dessiner le contour concret des projets et de procéder au vote des budgets. Quoi qu’il en soit, de nombreux points et mesures défendus par Beci s’y retrouvent explicitement, spécialement dans les matières liées à l’emploi et à la formation. La mise en œuvre de projets Blockchain, la transparence sur l’utilisation des charges d’urbanisme, la confirmation de la réalisation de la ligne de métro 3, le développement de l’offre ferroviaire intra-bruxelloise, la promotion de la voie d’eau, l’instauration d’une taxe kilométrique intelligente, le soutien à l’économie circulaire, le maintien d’activités productives en ville sont autant de points sur lesquels Beci a insisté et qui se retrouvent dans l’accord. La conviction de Beci est que les solutions aux défis de Bruxelles ne pourront être trouvées qu’en concertation avec les entreprises et entrepreneurs bruxellois. Avec son expertise et celle de tous ses membres, Beci souhaite dialoguer avec chaque ministre pour travailler au mieux au développement de Bruxelles, avec l’appui de tous ses membres. • Les rencontres se poursuivent avec les verts, Elke Van den Olivier Willocx remet Brandt (Groen) et Alain Maron (Écolo). le mémorandum Beci à la candidate N-VA Cieltje Van Achter. Rencontre avec Françoise Schepmans (MR). Le cycle se clôture avec les représentants de Défi : Cécile Jodogne et Bernard Clerfayt. Beci Rapport d'activités 2019 | 9 © Belga © Reporters

« Bruxelles doit être plus ambitieuse et coopérer Le poids des trois organisations patronales régionales a augmenté considérablement. Beci, UWE et Voka ont notamment élaboré un mémorandum commun en vue des élections de mai 2019. Jan De Brabanter, secrétaire général de l'UEB La Région de BruxellesCapitale doit davantage s’accorder avec la Flandre et la Wallonie sur la mobilité, l'emploi et l'environnement. Et un peu plus d'enthousiasme pour les opportunités qu’offre Bruxelles serait bénéfique à tous les entrepreneurs – même au-delà des limites bruxelloises. Dixit Jan De Brabanter, secrétaire général de l’Union des Entreprises de Bruxelles (Beci). Matthias Vanheerentals L a 6e réforme de l'État a transféré de nombreuses compétences aux régions. D'ici 2025, la Région bruxelloise devrait jouir d'une autonomie fiscale totale. Jan De Brabanter estime que les entrepreneurs – même actifs hors de Bruxelles – devraient s’intéresser davantage à ce qui se passe en RBC. « Beci seulement au service des PME dans les 19 communes ? Pas du tout ! Bien des entreprises ont leur siège, leurs activités ou leur production à l’extérieur de Bruxelles, mais y réalisent (une partie de) leur chiffre d'affaires ! » Petite, la Région n'en est pas moins d’une grande importance économique ; l’entreprise qui poursuit une vision à long terme ferait donc bien de s’intéresser à ce qui se passe à Bruxelles. La meilleure façon d'y parvenir, c’est de s’affilier à l'organisation d'employeurs la plus représentative et la plus efficace, avec un impact sur la vie politique et socio-économique. Beci, donc. Avant et après les Réformes de l'État « Avant, c'était plus facile », confesse le secrétaire général de l’UEB. L’entreprise adhérait à une fédération sectorielle, 10 | Beci Rapport d'activités 2019 elle-même membre de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB). Et la FEB représentait l'économie belge en Europe et ailleurs. Mais les réformes de l'État successives ont brouillé les cartes. La 6e du nom a transféré de nouvelles compétences aux communautés et régions : allocations familiales, soins de santé, marché du travail, droit locatif, formation des conducteurs, dépenses fiscales (prêts hypothécaires), etc. « C'est surtout à partir de 2011 que la défense des intérêts d'un entrepreneur s’est compliquée », déplore M. De Brabanter. « Les organisations sectorielles se sont adaptées. Elles ont créé un département flamand et un wallon, mais Bruxelles est souvent restée ‘quantité négligeable’. » Entretemps, la structure de l'État est devenue si complexe qu'on pardonnera à quiconque – y compris au chef d’entreprise – de mélanger les compétences fédérales, bicommunautaires, communautaires ou régionales. Combien de gouvernements avons-nous ? Et que font réellement la Cocof, la Cocom, la VGC, la Fédération avec les autres régions » © Reporters

Wallonie-Bruxelles et consorts ? On serait déboussolé pour moins que ça ! Des groupes d'intérêts rivaux ? Heureusement, le paysage entrepreneurial avait déjà été rationalisé : le Voka est né en 2002 de la fusion des Chambres de Commerce flamandes et du Vlaams Economisch Verbond (VEV). À Bruxelles, l’Union des Entreprises et la Chambre de Commerce et d'Industrie ont fusionné pour former Beci. En Wallonie, l'Union Wallonne des Entreprises et les Chambres de Commerce n’en sont pas encore là, mais les discussions progressent. Contrairement à certaines rumeurs, Beci collabore étroitement avec les autres organisations patronales, Voka en Flandre et UWE en Wallonie. « Il y a plus de cohérence, de coopération et de concertation que de concurrence entre nous », déclare Jan De Brabanter. « Nous sommes tous à l'écoute des préoccupations des autres régions. Si la Flandre ou la Wallonie prennent des mesures qui impactent l'économie bruxelloise, nous en discutons avec le Voka ou l'UWE. » Au niveau fédéral, la concertation implique la FEB, le Voka, l'UWE et souvent d'autres groupes de pression : Boerenbond, Unizo, UCM et le non-marchand. « Peu d'entreprises connaissent le comité de contact fédéral. Le poids des trois organisations patronales régionales a augmenté considérablement. Beci, UWE et Voka ont notamment élaboré un mémorandum commun en vue des élections de mai 2019. Nos trois CEO ont soumis 12 priorités au Premier ministre et aux trois ministres-présidents régionaux. L'économie ne s'arrête pas aux frontières régionales, n’est-ce pas ? » Beci et le gouvernement bruxellois « Beci s’implique dans les décisions du gouvernement bruxellois. Nous savons mieux que quiconque ce qui se passe dans la capitale. » Beci siège dans plusieurs organisations ou institutions régionales qui facilitent (ou compliquent) la vie des entrepreneurs : le Conseil économique et Beci est en première ligne lorsqu'un cabinet, un ministre ou un gouvernement prépare de nouvelles réglementations. Nous parvenons généralement à protéger les intérêts de nos entrepreneurs à un stade précoce du processus décisionnel. té. « Nous devons être encore plus proactifs. L'ancien gouvernement bruxellois a trop attendu ce qui se décidait aux niveaux fédéral, flamand et wallon. Il a manqué d'ambition. Lorsqu’il a décidé de réduire le nombre de voies de l’E40, nous avons proposé de réserver une voie au covoiturage. Bruxelles y était favorable, mais s'est heurté à un ‘neen’ de la Flandre. » social (CESRBC), Actiris et le VDAB Brussel, Citydev, Finance.Brussels, Hub.Brussels, Bruxelles Formation, Tracé, le Port de Bruxelles, etc. « Beci est en première ligne lorsqu'un cabinet, un ministre ou un gouvernement prépare de nouvelles réglementations. Si quelque chose se trame, j’en suis le premier informé, en tant que président du CESRBC. Avec l'avis du Centre de Connaissances de Beci et les conseils des partenaires sociaux, nous parvenons généralement à protéger les intérêts de nos entrepreneurs à un stade précoce du processus décisionnel. Nous interrogeons toujours nos entreprises et nos organisations sectorielles. Et si nous réussissons, avec les syndicats, à conseiller le gouvernement bruxellois, nous sommes plus forts. » Beci a présenté les priorités des entreprises aux formateurs au lendemain des élections du 26 mai 2019. « Nous avons de l'influence sur le gouvernement, nous osons taper sur la table s’il le faut. Mais nous adoptons toujours une attitude constructive. Beci veut le meilleur pour Bruxelles, sans perdre de vue l'intérêt général. Nous espérons par exemple que le nouveau gouvernement bruxellois lancera bientôt la 5G ; il y a déjà eu un accord de principe avec le gouvernement précédent. La 5G est importante pour l'économie et la population bruxelloises. L'internet sans fil rapide crée de la richesse et des emplois. Et il stimule l'esprit d'entreprise. » M. De Brabanter appelle le gouvernement bruxellois à consulter davantage les autres régions sur les grands thèmes de la mobiliBeci demande des accords plus clairs entre les régions. Les grandes options politiques doivent être examinées immédiatement au niveau interrégional, dans l'intérêt de toutes les régions. Il doit y avoir une vision commune, à laquelle chaque région donne ensuite sa propre interprétation. Emploi et environnement Comme l'économie, l'emploi ne s'arrête pas aux frontières des 19 communes. « Le taux d'emploi de la population active bruxelloise doit être maximal, mais pas limité aux frontières de la Région. Prenons la zone aéroportuaire. Nous sommes partenaires de l'asbl Aviato, le pôle emploi de l’aéroport. En collaboration avec Actiris, le VDAB et nos collègues du Voka VlaamsBrabant, nous nous efforçons d’augmenter le flux de demandeurs d'emploi bruxellois. Dans le même temps, nous devons faire le maximum pour préserver l’attractivité des emplois à Bruxelles. Il devient de plus en plus difficile d'attirer des entreprises dans la capitale en raison d'une pénurie de profils adaptés sur le marché du travail local. » Jan De Brabanter se réjouit des plans d'action que les entreprises bruxelloises développent pour l'environnement : « Nous voulons donner toutes les chances de succès au ‘City Climate Challenge’ pour Bruxelles : 30 projets pour réduire les émissions de CO2 de 30 % d'ici 2030. Le projet 30/30/30 de Beci est plus qu'une goutte d'eau dans l'océan. Nous sommes convaincus que des objectifs économiques respectueux du climat aideront Bruxelles à aller de l'avant. Cela devrait également susciter de la reconnaissance à l'étranger et améliorer considérablement le climat d'investissement à Bruxelles. » • Beci Rapport d'activités 2019 | 11

Baromètre : des entrepreneurs confiants et volontaires Comme nous le faisons régulièrement, nous avons sondé les membres et sympathisants de Beci au mois de juillet1 . Un baromètre élargi, au-delà des questions politiques, aux enjeux entrepreneuriaux de l’heure : ressources humaines, environnement, cybersécurité... Une consultation qui brosse le portrait d’entrepreneurs plutôt confiants et volontaires. Emmanuel Robert 1. Politique : Vervoort III devra convaincre Quel est votre degré de confiance vis-à-vis du gouvernement bruxellois ? 3% Confiance totale Plutôt confiant Neutre Peu confiant 18% Pas du tout confiant 36% 22% 21% Êtes-vous favorable à une réorganisation des compétences entre région et communes bruxelloises? Oui Non 85,31% 14,69% Notre sondage ayant été réalisé pendant la formation du gouvernement régional (du 9 au 30/7, alors que l’accord de majorité a été présenté le 17), il ne pouvait être question de dresser un hit-parade des nouveaux ministres bruxellois. L’appréciation collective est, elle aussi, à prendre avec circonspection. Tout juste peut-on dire que le gouvernement Vervoort III devra convaincre les entrepreneurs : ils ne sont que 24 % à lui faire « plutôt » ou « totalement » confiance. Une cote sans doute liée aux incertitudes du moment. 12 | Beci Rapport d'activités 2019 S’il fallait une réforme institutionnelle bruxelloise, les chefs d’entreprise voteraient pour la rationalisation : ils sont 85 % à se prononcer en faveur d’une réorganisation des compétences entre les niveaux régional et communal. Le débat pour une meilleure efficacité mérite d’être ouvert entre Bruxellois, sans tabous et dans toutes les langues ! 1.Enquête en ligne réalisée entre le 9 et le 30.07.2019 auprès des membres et sympathisants de Beci. 392 réponses. 2. Rééquilibrer les compétences entre Région et communes ?

3. Les acteurs régionaux Parmi les administrations bruxelloises, c’est Hub.brussels (fusion d’Impulse, Atrium et Brussels Invest & Export) qui obtient la meilleure cote auprès des entrepreneurs ; une position qui était déjà celle d’Impulse dans nos précédents sondages. Cette fusion, les entrepreneurs n’en perçoivent toutefois pas (encore ?) les avantages : 72 % d’entre eux sont « sans avis » quant à l’amélioration du service apporté – le seul effet sensible ayant été l’augmentation globale des frais de personnel de la nouvelle entité. Derrière Hub.brussels, le podium est complété Citydev et par le VDAB, dont on remarque la progression, tandis que Bruxelles Mobilité ferme (toujours) la marche. Hub.brussels (Impulse/Brussels Invest Export/Atrium) Citydev (SDRB) VDAB Innoviris Finance.brussels (SRIB) STIB Actiris Bruxelles Environnement Bruxelles Formation Bruxelles Mobilité 3,36 2,89 2,84 2,82 2,79 2,74 2,73 2,72 2,64 2,53 4. Les entrepreneurs restent confiants Envisageriez-vous de déplacer une partie de vos activités ? 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% nov 2016 > juil 2019 Oui, dans la RBC Oui, en flandre Non Oui, en wallonie Oui, hors de la Belgique Faut-il quitter Bruxelles ? Apparemment non, pour 73 % des entrepreneurs bruxellois qui n’envisagent pas de déplacer leurs activités (59 %), si ce n’est au sein de la Région (14 %). Ceux qui songent à délocaliser resteraient plutôt en Belgique (17 %, à parts égales vers la Flandre ou la Wallonie), alors que l’étranger ne séduit plus que 10 % d’entre eux. L’effet des incertitudes au plan international ? Ou bien la preuve que la qualité de vie promise à Bruxelles n’est pas incompatible avec la rétention des entreprises, à moyen terme ? Envisagez-vous de recruter ou d'investir dans les 12 mois ? 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Je ne sais pas Oui nov 2016 > juil 2019 Non Les intentions d’investissement sont quant à elles au plus haut : 58 % - un record ! Faute de véritable embellie économique, faut-il y voir l’effet des mesures prises par le gouvernement fédéral sortant ? L’enthousiasme semble du moins présent, même si la confiance dans le politique (voir point 1) reste fragile. Beci Rapport d'activités 2019 | 13

5. Mobilité, pression fiscale et simplification administrative : les priorités des entrepreneurs 10 20 30 40 50 60 70 80 0 6. Mobilité : c’est aussi l’affaire des entreprises La mobilité (domicile-travail) est aussi une responsabilité des employeurs 7,14% Tout à fait d’accord D’accord Neutre Pas d’accord Pas du tout d’accord 19,90% 18,88% Plus de 10% 37,50% 16,58% Entre 5 et 10% Entre 0 et 5% Quel pourcentage de vos employés pratique-t-il le covoiturage ? 6,43% 10,89% 2016>2019 Mobilité Diminution de la fiscalité régionale et communale Simplification des procédures administratives Propreté Image de Bruxelles comme centre d'affaires Transformation digitale Aide à l'investissement Interrogés sur les priorités qu’ils assignent au gouvernement bruxellois, les entrepreneurs citent toujours la mobilité en tête (à 68 %, mais ce pourcentage recule), devant la diminution de la fiscalité (35 %, en hausse) et la simplification des procédures administratives (27 %). Suivent la propreté (22 %), et l’image de Bruxelles comme centre d’affaires (18 %). On remarque que l’aide à l’investissement (16 %) remonte de quelques rangs, à égalité avec la transformation digitale. 82,68% Notre sondage l’indique : les entrepreneurs sont prêts à s’impliquer pour améliorer la mobilité bruxelloise. 57 % des employeurs sont « d’accord » ou « tout à fait d’accord » pour affirmer que la mobilité domicile-travail est (aussi) de leur responsabilité. 86 % se déclarent (« tout à fait », « probablement » ou « à certaines conditions ») ouverts à l’adaptation des horaires de travail. De même, 55 % seraient prêts à payer (5 à 8 €/trajet) pour un « train-bureau », si la SNCB mettait ce service à disposition des travailleurs. Et 83 % pourraient, dès lors, à considérer ce temps de trajet comme une prestation. 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Une idée intéressante 14 | Beci Rapport d'activités 2019 juil 2017 > juil 2019 Une idée inacceptable Je ne sais pas En revanche, il reste du chemin à faire pour que le covoiturage s’impose : à en croire notre consultation, la pratique reste marginale (0 à 5 % des employés) dans une très grande majorité d’entreprises (83 %). Peut-être parce que le personnel privilégie d’autres transports alternatifs ? Comment considérez-vous la création d'une taxe kilométrique intelligente ? Quant à instaurer une taxe kilométrique, fût-elle intelligente, les opinions restent très divisées : 46 % d’opinions favorables, contre 39 % d’opinions défavorables. Voilà ce qu’on appelle une idée clivante.

7. Cybersécurité : des entreprises vulnérables Dans quelle mesure jugez-vous votre entreprise préparée à faire face à une cyber-attaque ? Seules 3 entreprises bruxelloises sur 20 (14 % de nos sondés) avouent avoir déjà subi une cyberattaque avec dommages financiers – mais on peut se demander si ce chiffre reflète la réalité des faits ou plutôt l’absence de communication à leur sujet. Or, près de la moitié des entrepreneurs que nous avons interrogés s’avouent encore « peu ou pas du tout préparés » face à cette menace. Interpellant. Votre entreprise a-telle un conseiller environnement ou fonction équivalente ? C’est sans doute le reflet des préoccupation environnementales : un bon quart des entreprises sondées (28 %) déclarent s’être adjoint un conseiller environnement (ou fonction équivalente). Oui Non 27,65% 72,35% 9. Multilinguisme, nouvelles technologies, rétention : les trois défis des RH Quels sont les trois défis majeurs de votre politique RH ? Trouver des collaborateurs multilingues Trouver des collaborateurs suffisamment formés aux nouvelles technologies Garder nos collaborateurs Satisfaire les aspirations à la conciliation vie privée/professionnelle Encadrer et stimuler la formation continue 0 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14% 16% 18% 20% Trouver des collaborateurs multilingues (19 % des sondés), des collaborateurs formés aux nouvelles technologies (18 %) – et retenir les talents (15 %) : telles sont les trois priorités RH des entrepreneurs bruxellois. À l’inverse, la gestion du « gap générationnel » ou celle de la diversité (4 %) ne semblent guère les préoccuper, du moins spécifiquement. Une hypothèse : peut-être ces questions relèvent-elles plus globalement des politiques de rétention des talents ou de l’équilibre entre vie privée et professionnelle, qui figurent au top 5. Sur quels objectifs de diversité se focalise votre plan ? Autre Handicap Origine Genre Âge En volume horaire, quel pourcentage de prestations représente le télétravail dans votre entreprise ? Si la diversité n’apparaît guère comme un souci, c’est peut-être parce que les entreprises bruxelloises y sont déjà sensibilisées. En tout cas, près d’un tiers des employeurs affirment mettre en place un « plan diversité » ou des actions équivalentes, avec une attention particulière pour la diversité des origines (un objectif cité pour 37 % des plans) et l’égalité de genre (33 %). 0% plus de 15% entre 0 et 5% entre 5 et 15% 2,57% Parfaitement prépaprée Bien préparée Préparée Peu préparée Pas du tout préparée 8. L’environnement prend du poids 10,80% 18,25% 36,25% 32,13% Enfin, le télétravail convainc désormais une majorité d’entreprises : 60 % de nos sondés affirment qu’il représente 5 à 15 % – et plus ! – des prestations de leur personnel. Un autre chiffre conforte cet essor : plus de la moitié des employeurs se disent prêts à augmenter encore la part du télétravail. Beci Rapport d'activités 2019 | 15

CVO Semper, l’école axée sur Joëlle Evenepoel, secrétaire général de Beci l’entreprise L a fusion des CVO résulte du nouveau décret du gouvernement flamand concernant l’enseignement pour Beci dispose du plus grand centre néerlandophone d’enseignement pour adultes (Centrum voor Volwassenonderwijs – CVO) de tout Bruxelles et de sa périphérie nord. C’est du moins ce dont la Chambre de Commerce de Bruxelles peut s’enorgueillir depuis la fusion récente de quatre CVO, à savoir Brussels Education Center, Meise-Jette, Strombeek et Vilvoorde, pour former CVO Semper, dont l’importance stratégique est appréciable. Le changement d’envergure profite à l’objectif de l’école : aider les gens à accéder à l’emploi, tout en guidant les employeurs vers ces talents. CVO Semper entend focaliser davantage encore ses formations professionnelles sur les métiers en pénurie dans la région. Matthias Vanheerentals et Peter Van Dyck adultes. Ce texte définit des normes de taille minimale plus strictes pour les CVO. La dénomination ‘Semper’ (‘toujours’ en latin) fait référence à la formation continue et au développement tout au long de la vie. Cette formation permanente joue un rôle essentiel dans la mission de Beci : elle combat le chômage et aide les employeurs à trouver les compétences qu’ils cherchent. CVO Semper se spécialise dans l’enseignement de la seconde chance, les formations professionnelles, les cours informatiques et les cours de langue, notamment de néerlandais pour locuteurs non natifs. La fusion a considérablement enrichi l’offre et permettra plus que jamais d’offrir un service sur mesure. « Le nombre de langues enseignées passera de 6 à 13 », se réjouit Joëlle Evenepoel, secrétaire-général de Beci. « L’accroissement des formations linguistiques répond à une nécessité. Les entreprises accordent toujours plus d'importance à une bonne maîtrise des langues et notamment à celle du néerlandais. Il est par ailleurs utile d’enseigner le néerlandais aux primoarrivants pour faciliter leur intégration sur le marché de l’emploi. » 16 | Beci Rapport d'activités 2019 © Reporters

Quelques chiffres Des compétences pour le marché de l’emploi L’école étoffe en outre ses formations professionnelles aux métiers en pénurie : électromécaniciens, installateurs industriels électrotechniques, informaticiens, aides-soignants ou spécialistes en transport et logistique. Dans la périphérie nord, l’enseignement de la seconde chance est également orienté sur ce type de spécialités en pénurie. « Les jeunes et moins jeunes qui, pour toutes sortes de raisons, n’ont pas pu terminer D.R. l’enseignement secondaire, peuvent y décrocher ce diplôme », explique Mme Evenepoel. « Nous offrons les formations grâce auxquels ces gens pourront demain aborder avec succès le marché de l’emploi et trouver un job. Les cours sont axés sur la pratique et l’interactivité. Nous proposons aussi des stages en entreprise dans une langue encore insuffisamment maîtrisée, de quoi apprendre par la pratique à la fois un métier et une langue. » La collaboration étroite que Beci a instaurée avec Actiris, le VDAB et la Huis van het Nederlands tisse des liens entre les chercheurs d’emploi en formation et les employeurs à Bruxelles et en périphérie. Comme le dit Joëlle Evenepoel, « les formations doivent répondre aux exigences de la vie des entreprises. Ce projet est donc vital. Nous abordons la problématique sous un angle clairement économique, qui est le propre d’une chambre de commerce. Quasi toutes les formations sont conçues dans la perspective d’un emploi à venir. L’école se veut novatrice et aligne son offre sur les attentes du marché de l’emploi. Cela signifie qu’au terme de leur formation, les étudiants ont une réelle chance de trouver du travail. » Améliorer la communication Beci opte intentionnellement pour une approche métropolitaine dans la mise en relation des chercheurs d’emploi et des entreprises. « L’emploi ne s’arrête pas aux limites de la Région de Bruxelles-Capitale. Un bel exemple en est la zone de l’aéroport. Grâce à notre collaboration étroite avec Aviato, le pôle emploi de Brussels CVO Semper dispose d’une équipe dynamique de 360 enseignants diplômés expérimentés pour organiser à partir de septembre des formations sur 46 sites à Bruxelles et en périphérie nord. Ses 15.000 étudiants en provenance de 143 pays positionnent CVO Semper comme un acteur de premier plan de l’enseignement néerlandophone pour adultes, à Bruxelles et en périphérie flamande. CVO Semper et Beci s’efforcent ainsi de réduire de 10 à 15 % le chômage en Région de Bruxelles-Capitale. Outre cette école néerlandophone, la Chambre de Commerce de Bruxelles gère une école francophone dénommée EPFC. Elle accueille 17.000 étudiants et bénéficie d’une gestion partagée avec l’ULB. Il y a peu, l’école a été relocalisée dans le quartier Madou, juste à côté d’Actiris, pour les raisons que l’on devine. https://www.cvosemper.be/ Airport, nous visons des emplois qualitatifs et durables à l’aéroport, tant pour les chercheurs d’emploi que pour les employeurs. Qu’il s’agisse d’habitants du Brabant flamand désireux de travailler à Bruxelles ou de Bruxellois qui cherchent un job en périphérie flamande, tous sont les bienvenus chez nous. » Joëlle Evenepoel admet que beaucoup reste à faire en termes de communication et de diffusion d’information sur cette forme d’enseignement. Trop d’entreprises ignorent l’existence de CVO Semper et ne savent donc pas non plus qu’il s’agit d’une initiative de la Chambre de Commerce. Inversement, il y a moyen d’améliorer l’information aux étudiants en matière de postes à pourvoir. « Nous devons rapprocher les entrepreneurs de nos écoles. Les entreprises doivent savoir que des diplômés de notre école sont susceptibles de leur envoyer une candidature. CVO Semper veut devenir un outil utile au service des entreprises dans leur quête de compétences et de talents. » Professeurs détachés Le rapprochement peut se faire dans les deux sens : l’enseignement veut faire un pas vers les entreprises. « Les employeurs bruxellois peuvent bien entendu nous envoyer des collaborateurs pour une formation », nous dit Joëlle Evenepoel. « Et nous sommes disposés à organiser à l’avenir des cours de langues au sein même des entreprises. Nous sommes d’accord de détacher des professeurs sur place. Et nous sommes ouverts à une réflexion sur l’enseignement à distance et les formations d’été. C’est ce que nous faisons d’ailleurs en organisant des tables de conversation pour notre propre personnel. » Bref, CVO Semper privilégie clairement une approche pragmatique, axée sur les entreprises. • Beci Rapport d'activités 2019 | 17

Population, économie, emploi : Bruxelles en chiffres L'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA) recueille de nombreuses données intéressantes, parmi lesquelles nous avons sélectionné quelques chiffres reflétant les tendances actuelles en matière de démographie, d’économie et d’emploi. Matthias Vanheerentals et Emmanuel Robert Population : +26,6 % en vingt ans Au 1er janvier 2018, la Région de Bruxelles-Capitale (RBC) comptait 1.198.726 habitants. Jamais auparavant la Région n'a été aussi peuplée. Au cours des 20 dernières années, la population bruxelloise a crû de 1,19 % en moyenne annuelle, soit deux fois plus vite que la moyenne nationale (0,56 %). Elle devrait continuer à augmenter dans un avenir prévisible. 1500000 Région de Bruxelles-Capitale Brabant flamand Brabant wallon 1200000 900000 600000 300000 0 1999 2005 2010 2015 2019 (Source : IBSA & Statbel) Baromètre démographique : composantes du mouvement de la population en RBC Solde migratoire interne Solde naturel L'équilibre naturel, qui reste élevé et stable depuis plusieurs années, est l'une des raisons de l'augmentation de la population, avec le solde migratoire international. Mais, bien que la population augmente, la Région de Bruxelles-Capitale perd beaucoup d'habitants au profit du reste du pays, en raison d'un très fort solde migratoire interne négatif. 40000 30000 20000 10000 -10000 0 -20000 2000 2004 2008 2012 2017 Solde migratoire international Solde total (Source : IBSA Focus n° 28 : Baromètre démographique de la Région de Bruxelles-Capitale 2018) 18 | Beci Rapport d'activités 2019

Produit Intérieur Brut : en faible croissance Sur la base des données les plus récentes des comptes régionaux, le PIB bruxellois s’est élevé à 77,7 milliards d'euros en 2017. Par rapport à l'année précédente, le volume de l'activité économique en RBC a augmenté de 0,8 % (contre une augmentation de 1,7 % au niveau belge). La reprise du PIB bruxellois, observée depuis 2015, intervient donc plus tard et est également plus faible que la tendance au niveau national. Pour l'ensemble de la période 2018-2024, le PIB bruxellois devrait croître à un taux moyen de 0,9 % par an (1,3 % pour la Belgique). Quant aux investissements, ils devraient augmenter en moyenne de 2,0 % par an en RBC, contre 2,3 % pour la Belgique. La croissance attendue de l'investissement bruxellois au cours de cette période diminuerait par rapport aux performances enregistrées entre 2013 et 2016 (+ 4,0 % par an). Toutefois, la tendance reste positive et confirme le rattrapage entamé après une longue période de baisse des investissements entre 2009 et 2012, au lendemain de la crise financière. RBC : PIB à prix courants (2005-2017), en millions € 40000 50000 60000 70000 80000 90000 30000 10000 20000 0 2005 2008 2011 2014 2017 (Source : ICN) Démographie des entreprises : un taux de réation toujours soutenu, mais les faillites augmentent Nombre d'entreprises assujetties à la TVA en RBC 2008-2017 La Région de Bruxelles-Capitale se caractérise généralement par un plus grand dynamisme entrepreneurial que le reste du pays, ce qui se traduit à la fois par des taux de création et de cessation d’activité plus élevés que dans les deux autres régions. Au 31 décembre 2017, 104.705 entreprises assujetties à la TVA opéraient en RBC, représentant 11 % de l'ensemble des entreprises en Belgique. Par rapport à 2016, il y avait 3 574 entreprises de plus, soit une augmentation de 3,5 %. Démographie des entreprises en RBC : 2008-2017 4000 6000 8000 10000 12000 14000 2000 0 2008 2010 Création (Source : IBSA & Statbel) Beci Rapport d'activités 2019 | 19 2012 Cessations 2014 Faillites 2017 40000 60000 80000 100000 20000 0 2008 2011 2014 2017 (Source : IBSA & Statbel) En 2017, 12.273 entreprises assujetties à la TVA ont été créées à Bruxelles. Après deux années consécutives de baisse, le nombre de cessations d’activité est reparti à la hausse, passant de 7.383 à 7.979 (chiffre proche du record de 7.984, enregistré en 2014). Le nombre des faillites est lui aussi en augmentation : 2.639 cas en 2017 et 3.033 faillites enregistrées en 2018 (hors graphique), soit une hausse annuelle de 15 % ces deux dernières années. N.B. : Les chiffres de création pour l'année 2014 sont exceptionnellement élevés en raison d’un changement de législation qui soumet depuis janvier 2014 les prestations des avocats à la TVA. Ces assujettissements destinés à se conformer aux nouvelles règles ne correspondent pas à des créations d'entreprises. De même en 2016, de nouvelles dispositions réglementaires, concernant cette fois les prestations de chirurgie esthétique et les administrateurs de société, sont responsables d'une partie de l'augmentation du nombre d'assujettissements à la TVA.

Bruxelles, capitale des services RBC : Valeur ajoutée brute aux prix de base à prix courants par branche d'activité (2017) Agriculture, sylviculture et pêche Industries extractives Industrie manufacturière Production et distribution d'électricité, de gaz,de vapeur et d’air conditionné Production et distribution d'eau ; assainissement, gestion des déchets et dépollution Construction Commerce ; réparation de véhicules automobiles et de motocycles Transports et entreposage Hébergement et restauration Information et communication Activités financières et d'assurance Activités immobilières Activités spécialisées, scientifiques et techniques Activités de services administratifs et de soutien Administration publique (Administration publique et défense; sécurité sociale olbligatoire) Enseignement Santé humaine et action sociale Arts, spectacles et activités récréatives Autres activités de services Activités des ménages en tant qu'employeurs ; activités indifférentiées des ménages en tant que producteurs de biens et services pour usage propre 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 (Source : ICN) Le secteur tertiaire a un poids considérable dans la structure d'activité de l'économie bruxelloise, tant en termes de valeur ajoutée (92 % du total en 2017) que d'emploi (93 %). À titre de comparaison, le poids des activités tertiaires dans l'économie nationale est nettement inférieur, représentant respectivement 77 % de la valeur ajoutée et 81 % du total de l’emploi en 2017. En termes de valeur ajoutée, la plus grande différence par rapport à l'ensemble du pays réside dans la part du secteur « activités financières et d’assurance », beaucoup plus importante en Région bruxelloise. Avec 17 % de l'activité économique générée par cette branche, Bruxelles est en effet le centre des services financiers en Belgique. Inversement et logiquement, l'industrie est beaucoup moins présente à Bruxelles. La valeur ajoutée bruxelloise a augmenté de 0,9 % en 2017 (contre 1,7 % en Belgique). 20 | Beci Rapport d'activités 2019

Emploi en hausse, chômage en baisse Emploi intérieur en RBC 620000 640000 660000 680000 700000 720000 600000 2004 2008 2012 2016 2020 2023 (Source : Calculs BFP, IBSA, IWEPS, Statistiek Vlaanderen sur la base des comptes régionaux en SEC 2010 (ICN)) La croissance de l’emploi intérieur (soit l’emploi au lieu de travail) devrait s’essouffler graduellement dans les trois régions. En moyenne, sur la période 2018-2024, l’emploi augmenterait de 0,4 % par an à Bruxelles, un rythme sensiblement inférieur à ceux attendus en Wallonie (0,7 %) et en Flandre (0,9 %). Ces taux correspondent à une création nette de 3 000 emplois en moyenne par an en Région bruxelloise. 350000 400000 450000 500000 550000 300000 2004 2008 2012 2016 2020 2023 (Source : Calculs BFP, IBSA, IWEPS, Statistiek Vlaanderen sur la base de données ICN, DGSIE, ACTIRIS, VDAB, FOREM, ONSS et ONEM) Entre 2018 et 2024, la croissance de la population active occupée (soit l’emploi au lieu de domicile) serait, par contre, nettement plus dynamique à Bruxelles (1,2 % par an en moyenne) qu’en Flandre (0,8 %) et en Wallonie (0,7 %). La Région bruxelloise devrait en effet continuer à bénéficier d’une progression soutenue du nombre de navetteurs sortants vers les deux autres régions, comme c’est le cas depuis une quinzaine d’années. La croissance de l’offre de travail (soit la population active) ralentirait dans les trois régions. Du côté bruxellois, ce sont les impulsions démographiques qui continueraient de soutenir la croissance de l’offre de travail. Taux de chômage (concept BFP) 10 15 20 25 5 0 2004 2008 2012 2016 2020 2023 (Source : Calculs BFP, IBSA, IWEPS, Statistiek Vlaanderen sur la base de données ICN, DGSIE, ACTIRIS, VDAB, FOREM, ONSS et ONEM) Ces évolutions de l’offre de travail et de la population active occupée se traduisent par un taux de chômage en baisse continue. Il passerait ainsi de 16,5 % en 2018 à 12,9 % en 2024 en Région bruxelloise, de 13,2 % à 10,7 % en Région wallonne et de 6,5 % à 4,7 % en Région flamande. Ces taux sont inédits dans l’ensemble des régions depuis les années 1980. La baisse importante et rapide des taux de chômage pourrait s’accompagner de risques, et notamment celui d’une pénurie (accrue) de main-d’œuvre dans certains segments du marché du travail. 14000 18000 16000 12000 10000 8000 6000 4000 2000 0 2010 2012 2014 2016 2018 (Source : IBSA) En 2018, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans à Bruxelles était de 23,4 %. Demandeurs d'emploi inoccupés de moins de 25 ans en RBC (2010-2018) Population active occupée Beci Rapport d'activités 2019 | 21

2019, les leçons de la digitalisation L’heure de la digitalisation a sonné ! Un an après avoir débuté sa transformation numérique, la chambre semble avoir activé les bons leviers. Retour sur les leçons à tirer d’une année d’expérimentations, de tâtonnements et de succès. Elisa Brevet Olivier Willocx, CEO de Beci Traditionnellement, une chambre de commerce travaille surtout en C rapport avec des entreprises, mais on s’est rendu compte qu’en 2019, c’était indispensable d’avoir une relation privilégiée, liée et centrée sur l’individu. ette année, Beci a poursuivi sa marche vers la digitalisation. Une équipe de spécialistes a travaillé d’arrache-pied pour permettre une numérisation globale et efficiente de la chambre. Et pour cause, la transition n’a rien laissé au hasard : « En changeant notre CRM, on a basculé dans un nouvel univers où l’on privilégie la relation individuelle plutôt que la relation avec l’entreprise. » Une petite révolution copernicienne pour Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci. « Traditionnellement, une chambre de commerce travaille surtout en rapport avec des entreprises, mais on s’est rendu compte qu’en 2019, c’était indispensable d’avoir une relation privilégiée intégrant les réseaux sociaux, liée et centrée sur l’individu. » Grâce à son nouveau CRM, Beci est aujourd’hui capable de mieux cibler et de mieux comprendre ses membres. En parallèle, le nouveau site web, devenu une vitrine et un catalogue de solutions pour les entreprises bruxelloises, s’est vu largement optimisé en termes de référencement et de SEO. La récurrence, un modèle gagnant Le lifting digital semble porter ses fruits, puisque la chambre a connu une augmentation spectaculaire des affiliations ces derniers mois. Une hausse qui s’expliquerait, selon Olivier Willocx, par la mise en place de services mieux compris par les membres : « On a retravaillé nos produits avec des modèles qui tiennent davantage à la récurrence. Aujourd’hui, à la question : en quoi est-ce intéressant d’être membre 22 | Beci Rapport d'activités 2019 © Reporters

de la chambre ? la réponse est très claire pour tout le monde. Nous sommes en chemin de comprendre la digitalisation ». Podcast : l’inspiration Next Step Chaque semaine, des produits sont déclinés pour toutes les entreprises et dans les domaines les plus impactants tels que la digitalisation (atelier digital, atelier vidéo…). « On a vu que le schéma d’atelier plaisait aux membres. C’est un modèle concret et totalement gratuit, donc pas forcément intéressé du point de vue financier, mais un précieux vecteur de communauté. Chaque semaine, nos membres savent qu’ils peuvent se former et, s’iIs le veulent, ils peuvent revenir la semaine suivante. » Le bilan paraît mitigé quant aux formations : « Le monde de la formation est en train de complètement changer. Aujourd’hui, quand on a un problème, on consulte Google ; on ne se déplace plus. La nature même des formations est à repenser. Nous ne sommes pas les seuls à chercher. On finira bien par trouver un nouveau modèle qui convienne à tous… ». Le studio, laboratoire digital de Beci Pour accompagner sa révolution digitale, Beci s’est équipée de son propre studio audiovisuel, destiné aussi bien aux équipes internes qu’aux membres. Véritable laboratoire, il a permis d’innover et de lancer deux premiers podcasts natifs. Depuis leur lancement en décembre, Métropole et Next Step comptabilisent plus de 3000 écoutes pour une quinzaine d’épisodes (aujourd’hui en français, mais la prochaine étape sera de développer le programme en néerlandais). Une audience de niche, fidèle aux trente minutes hebdomadaires s’est peu à peu créée. « Beci essaie de comprendre comment on peut faire des podcasts qui ont du sens. Les audiences sont intéressantes, puisque c’est à la fois beaucoup et pas beaucoup : c’est beaucoup de parler à 300 auditeurs D.R. En studio : Tarik, Elisa et leur invité Haile Abebe, ingénieur devenu entrepreneur horeca. Pour une dose d’écoute stimulante, Beci vous propose Next Step, le podcast des entrepreneurs inspirants qui vous aide à passer à l’étape suivante. À chaque épisode, Tarik et Elisa partent à la rencontre de personnes passionnées, à la découverte d’idées à partager. Le top 3 des épisodes les plus écoutés : • Philippe de Halloy : ma carrière a commencé par un holdup. Qui a dit que les banquiers d’affaires ne pouvaient pas avoir à la fois vécu un hold-up et fait un aller-retour dans le business du tourisme ? Laissez-vous porter par le parcours hors du commun et inspirant de Philippe de Halloy, banquier d’affaires chez Degroof Petercam. • Julien Hannequart : vigneron et juriste dans une multinationale c’est possible ! « Aujourd’hui, on vit dans un monde où on ne suscite plus assez les passions. » Tel est le constat de Julien Hannequart, juriste dans une multinationale américaine, qui décide du jour au lendemain de négocier un crédit-temps pour pouvoir devenir vigneron. • Hanna Bonnier : des institutions européennes au premier coworking-café bruxellois. Quitter un job de rêve au sein des institutions européennes pour fonder, à 26 ans à peine, le premier coworking-café bruxellois, c’est possible ! Comment oser quitter un job confortable et bien payé ? Comment networker et s’entourer, dans une ville que l’on ne connaît pas (Hanna est française) ? Et si c’était à refaire ? Plus d’info : www.beci.be/podcast Beci Rapport d'activités 2019 | 23

pendant 30 minutes… et c’est peu. Il faudra un peu de temps pour que les gens s’habituent à ce nouveau médium », observe Olivier Willocx. L’objectif principal du studio ? Permettre aux membres de la chambre de se tester, d’expérimenter de nouvelles manières de communiquer. La question de la vidéo est plus sensible encore. De nombreuses personnes veulent à tout prix créer, sans se poser les bonnes questions. Pour Olivier Willocx, il faut se rendre compte des difficultés des gens à communiquer aujourd’hui : « Ce n’est pas tout de décider de faire une vidéo, il faut en plus qu’elle soit réussie, pertinente et inspirante pour les spectateurs. Elle doit avoir du sens et marquer de l’engagement. Les gens doivent arrêter de parler d’eux pour parler de leurs clients. C’est probablement là que l’on peut aller chercher de l’audience. » Pour aider ses membres dans la création de contenu audiovisuel pertinent, Beci proposera dès la rentrée un atelier dédié à la vidéo. • Des newsletters plus variées, plus ciblées L’info digitale, en 2019, est taillée sur mesure. En fonction des intérêts de ses membres, Beci a élargi l’éventail de ses lettres d’info électroniques. À la newsletter générale, Bruxelles Métropole Online, qui traite toujours de l’actualité entrepreneuriale bruxelloise dans son ensemble, sont venues s’ajouter quatre nouvelles infolettres ciblées : • HR & Social : toutes les questions de droit social et ressources humaines. Des informations concrètes et actuelles, mais également les partages d’expériences de professionnels, des enquêtes et d’autres contenus qui permettront aux responsables HR & Social d’aborder les défis à venir, dans un métier appelé à évoluer très rapidement. • Green : une newsletter entièrement dédiée aux thématiques liées à l’environnement. Vous y découvrirez de l’information concrète et d’actualité, ainsi que des bonnes pratiques d’autres entreprises, petites et grandes, nouvelles ou bien ancrées. • Mobility : tout ce qui bouge dans le paysage de la mobilité à Bruxelles. La newsletter « mobilité » de Beci vous tient au courant de tout ce qui se passe dans le paysage de la mobilité à Bruxelles : nouvelles législations, les solutions de mobilité en entreprise, les actions et activités organisées par Beci et ses partenaires pour améliorer la mobilité à Bruxelles. • Executive News : des infos brèves et pertinentes sur les affaires et la politique bruxelloise. Pour rester informé, en un clin d’œil, des dossiers économiques et politiques bruxellois sur lesquels travaillent l’UEB et son équipe du centre de connaissances en faveur de ses membres et au bénéfice de l’activité économique à Bruxelles. D.R. Plus d’info : www.beci.be/newsletter 24 | Beci Rapport d'activités 2019

Bruxelles Métropole, magazine partagé Bruxelles Métropole, le magazine « papier » de Beci, poursuit son évolution en s’ouvrant plus que jamais à ses parties prenantes. Chaque numéro est désormais confié à un « rédacteur en chef invité ». Elisa Brevet L ancé en 2015, Bruxelles Métropole est passé en janvier à la version « 2.0 ». Il a changé d’aspect, adoptant un format plus petit, une nouvelle maquette, plus proche du nouveau site web de Beci, et un autre papier, En podcast à l’aspect plus naturel. Mais surtout, le magazine a connu une petite révolution en confiant sa rédaction en chef à une personnalité différente dans chaque numéro. L’invité, entrepreneur ou figure bruxelloise, participe au choix des sujets d’articles, des angles et des personnes interviewées. « Cela a profondément renouvelé le magazine », témoigne le rédacteur en chef (permanent), Emmanuel Robert. « Chaque invité nous apporte un regard extérieur, des idées que nous n’aurions sans doute pas eues, des contacts… » « Tous se sont investis avec beaucoup d’enthousiasme : Emmanuel Goedseels (pour le dossier « Get ready for tomorrow » de janvier), nous a ouvert son carnet d’adresses et a écrit l’intro ; l’architecte Luc Schuiten (dossier « Urbanisme » de février) nous a dessiné une magnifique couverture et a lui-même mis en page le dossier ; Giles Daoust (dossier « Grow your business » de mars) a choisi les entrepreneurs dont il voulait faire le portrait, et c’est lui qui a confié les illustrations à Pierre Kroll ; Bea Ercolini (« Sprout to be Brussels », en avril) a voulu mettre en valeur les jeunes créateurs bruxellois ; Yvon Englert et Caroline Pauwels (recteurs de l’ULB et de la VUB, pour le dossier « Emploi et Formation » du mois de mai) ont orienté leur dossier vers l’éducation permanente et les enjeux des relations écoles-entreprises ; enfin, David Leyssens (dossier « Green » de juin) est venu avec cette idée formidable de faire dialoguer des entrepreneurs et leurs enfants sur la question climatique… » « Leur apport a été déterminant : aucun de nos dossiers n’aurait été le même sans eux. C’est très stimulant et enrichissant. » Plus d’info : www.beci.be/magazine/ 19.473 Lancé à l’été 2018, le nouveau site web de Beci enregistre 19.473 visites par mois. L’article le plus lu a été consulté plus de 13.000 fois ! Les différentes newsletters totalisent 36.115 destinataires mensuels, avec un taux d’ouverture moyen de 15 à 25 %. Enfin, les 21 podcasts ont enregistré à ce jour 3205 écoutes. Chaque fois que les agendas le permettaient, la réunion de rédaction a été prolongée par un podcast dans le studio de Beci. Une manière d’approfondir la rencontre, mais aussi de combiner le papier et le web : les podcasts et tous les articles du magazine sont désormais diffusés sur le site de Beci. À écouter : nos premiers rédac’chef invités • Emmanuel Goedseels (Whyte Corporate Affairs) a été journaliste à France Inter et au journal Le Soir. Un invité idéal pour parler des nouveaux challenges de la communication : des fake news à la communication corporate, aux enjeux de l’e-réputation. • Giles Daoust (Daoust). Connu comme CEO de la société Daoust, Giles Daoust est un polyentrepreneur : producteur de cinéma, scénariste de BD, chroniqueur et metteur en scène de l’Ommegang. Il nous parle - entre autres - du rapport entre la créativité et l’entrepreneuriat. • Béa Ercolini (Beabee). Journaliste, féministe, entrepreneuse, Bea Ercolini a été rédactrice en chef du magazine Elle Belgique, avant de fonder le cercle d’affaires féminin Beabee. Elle a pris les commandes du dossier « Sprout to be Brussels » d’avril. • David Leyssens (The Shift). Dans la foulée d’une actualité marquée par la question climatique, nous avons rencontré David Leyssens, directeur du réseau The Shift, qui rassemble 350 entreprises et organisations autour de la durabilité. Notre premier podcast en néerlandais. Plus d’info : www.beci.be/podcast Beci Rapport d'activités 2019 | 25 D.R.

Projet 30/30/30 : réduire l’impact CO2 d’ici 2030 Une dizaine de responsables d’entreprises bruxelloises ont jeté les bases d’un projet baptisé 30/30/30. D’ici 2030, 30 initiatives inédites pour la capitale auront pour objectif de réduire de 30 % les émissions de CO2 . Géry Brusselmans 26 | Beci Rapport d'activités 2019

Kick-off meeting du projet 30/30/30, le 26 juin au Cercle de Lorraine. F in juin au Cercle de Lorraine, une dizaine de responsables d’entreprises et hauts managers jetaient les bases d’un projet imaginé et piloté par Beci. Son nom ? 30/30/30. Ce titre résume les trois défis que tenteront de remplir divers acteurs bruxellois : réduire de 30 % les émissions de CO2 grâce à 30 projets inédits. « Lors des élections communales et plus récemment régionales et fédérales, nous avons rencontré de nombreux élus », explique Olivier Willocx, CEO de Beci. « Nombre d’entre eux nous ont fait part de leur souhait d’agir sur le changement climatique, plus directement sur les émissions de CO2 au niveau régional et communal. Or, ils n’ont pas toujours les solutions adéquates. Nous avons pris l’initiative de rassembler autour d’une table de nombreux décideurs du secteur privé, afin de concrétiser des idées, sans que le pouvoir politique ne vienne s’immiscer dans la discussion, en tout cas pas avant que les projets n’aient pris forme. » Certes, de nombreuses entreprises, en interne ou pour leurs clients, ont déjà mis en place une forme de transition durable : économies d’énergie via des panneaux d’ici 2030 photovoltaïques, promotion de la mobilité douce ou encore développement d’espaces verts sur le toit. Le projet 30/30/30 entend surtout apporter sa pierre à l’édifice en développant des actions inédites à Bruxelles, pourquoi pas inspirées de projets étrangers, grâce à des synergies entre les différents acteurs. C’est la raison d’être de cette première réunion au Cercle de Lorraine : connaître les diverses positions, actions et volontés des acteurs bruxellois réunis. Parmi les entreprises présentes, citons Interparking, Vinci Facilities, Vivaqua, Tractebel, Engie, Sibelga ou encore Proximus. Des personnalités comme Laurent Willaert (Febiac), Martine Tempels (Telenet), Patrick Vandenhoeke (Solvay), Bruno Colmant (Degroof Petercam) ou encore de Sven Hebbelinck (UZ Brussels) ont également manifesté leur soutien et participeront d’une manière ou d’une autre aux étapes de concrétisation du projet. Une approche collaborative Le défi de ces prochains mois sera surtout de faire collaborer des entreprises qui n’ont pas forcément les mêmes conceptions, les mêmes types de services, la même taille ou la même vision de la durabilité. « La mise en commun des idées, en l’occurrence les synergies, Olivier Willocx (CEO Beci, à gauche) et Patrick De Visscher (Vinci Facilities) De gauche à droite : Vincent Detemmerman (Confédération Construction) Daphné Benzennou (Sibelga) et Aart Geens (Engie). Christiane Malcorps (Solvay) Beci Rapport d'activités 2019 | 27 © Reporters

Christophe Widart (Nexans) La mise en commun des idées, en l’occurrence les synergies, sera un point fort du projet 30/30/30. L’idée est surtout de penser ‘out of the box’, hors des sentiers battus, et de collaborer plutôt que de penser en termes de compétition. De gauche à droite : Juan Philippe De Groote (Eole Engineering), Mikaël Angé (Tractebel), Leo Exter (Hack Belgium) et Christophe Widart (Nexans). sera un point fort du projet 30/30/30 », estime Olivier Willocx. « L’idée est surtout de penser ‘out of the box’, hors des sentiers battus, et de collaborer plutôt que de penser en termes de compétition. » Lors de cette première réunion, les responsables des entreprises ont tracé Alain Delombaert (Vivaqua) quelques pistes de réflexion, tels les enjeux de la mobilité électrique, amenée à se développer ces prochains mois à Bruxelles. On évoque beaucoup ses avantages en termes de réduction des émissions de CO2 mais peu conçoivent les Nele Van Malderen (Proximus) adaptations nécessaires au niveau des infrastructures. Il faudrait dès aujourd’hui envisager la manière d’amener l’électricité dans les parkings et développer des normes de sécurité en cas d’incendie lié à une batterie. L’un des autres enjeux évoqués concerne la formation : « Si on ne forme pas des personnes à cette transition, le risque sera de passer à côté », explique un responsable autour de la table. Citons également le télétravail qui, s’il est positif en termes de mobilité, n’en est pas moins énergivore : la consommation de chauffage d’une journée d’hiver, dans la maison d’un particulier, entraîne indéniablement un impact CO2 Fin de la première phase en décembre 2019 Par ailleurs, la durabilité doit passer par un investissement technologique et par la récolte de données, inexistantes dans certains domaines, pour analyser les besoins. Une longue liste d’idées a déjà pu être bouclée, qui permettra de sélectionner des projets porteurs. Les idées dont l’impact est inférieur à une réduction de 0,3 % des émissions ne seront pas prises en considération dans le projet 30/30/30. supérieur au déplacement d’une voiture d’un point A à un point B pour se rendre au bureau. Rappelons d’ailleurs qu’à Bruxelles, c’est le chauffage des bâtiments dans son ensemble qui est le plus grand émetteur de CO2 (61 %), loin devant le transport (29 %). Roland Cracco (Interparking) 28 | Beci Rapport d'activités 2019 La première phase, dont le budget total est estimé à 100 000 euros, sera bouclée en décembre 2019. Elle permettra d’établir la « short list » des 30 idées portées par les différentes entreprises bruxelloises impliquées. Une seconde phase, planifiée pour l’année 2020, doit permettre de concrétiser les idées retenues en partenariat avec les entreprises et les politiques. Une communication ainsi qu’une sensibilisation auprès du grand public seront également mises en place lors de la dernière phase du projet. « L’idée première, même si les projets doivent apporter un profit, est surtout de mettre en commun des idées et pouvoir situer Bruxelles sur une carte », conclut Olivier Willocx. Les entreprises qui pensent pouvoir encore apporter leur pierre à l’édifice peuvent grimper dans le train en marche et contacter Beci. Il n’est jamais trop tard pour embarquer dans la durabilité ! •

Bruno Colmant : « La durabilité offre un retour sur investissement » Ancien président de la Bourse de Bruxelles et actuel chef du service économique de la banque Degroof Petercam, Bruno Colmant défend l’importance de la durabilité pour l’entreprise. Géry Brusselmans Estimez-vous qu’une entreprise soit obligée d’envisager une transition durable ? Il a fallu attendre de nombreuses études scientifiques pour prouver l’urgence climatique. Aujourd’hui, tout le monde en a pris conscience. Les entreprises ont un rôle plus important que les particuliers. D’abord parce que les messages de l’entreprise passent de manière transversale, ils jouent un vrai rôle sociétal, ils font le pont entre l’individu et l’économie de marché. Les entreprises ont un rapport au temps différent : les actions sont beaucoup plus longues à mettre en place par rapport à un individu. N’oublions pas l’importance de la notion de multiplicateur social : des comportements vertueux entraînent d’autres comportements vertueux ; la durabilité va donc être amenée à se développer. La ville de Bruxelles est-elle en retard dans sa transition écologique ? Bruxelles, mais plutôt la Belgique dans son ensemble, est relativement en retard. D’abord, la Belgique n’a pas rempli ses objectifs européens ; ensuite, il suffit de l’observer, la situation est catastrophique. Aucun acteur public ne s’est occupé de la durabilité. La durabilité exige de mettre en place des projets à long terme et certains décideurs politiques pensaient que l’économie de marché allait tout régler. Or, le temps du pouvoir public est encore plus long que celui de l’entreprise. Je pense qu’arriver à régler la situation en 2030 est très optimiste, mais il faut aller de l’avant. Sur quelles priorités miseriez-vous ? La principale source de réduction d’émissions de CO2 un habitat moins cher et plus agréable. On ne peut pas imaginer un service public qui n’est pas à la hauteur. La durabilité peut-elle offrir un retour sur investissement ? Il faut que la durabilité offre une certaine rentabilité. Je ne crois pas au fait d’opérer une transition durable pour n’avoir qu’un impact sur son image. Une entreprise peut investir dans un impact socialement responsable avec des objectifs en matière d’émission CO2 , même si ce n’est est très certainement la mobilité. C’est l’axe principal dénoncé par les entreprises, qui doivent se battre pour attirer des gens à Bruxelles. La situation est censée s’améliorer mais c’est de plus en plus compliqué, il n’y a pas d’investissement naturel. À Bruxelles, beaucoup de gens seraient très contents de disposer d’un RER. Un RER contribuera à l’utilisation des transports en commun, à offrir pas rentable dans un premier temps. Une entreprise qui prend de l’avance peut être gagnante par la suite. Quand on se singularise, on se place à l’avant-poste. Chez Degroof Petercam, nous n’avons jamais connu autant de personnes qui investissent dans la responsabilité. Elles estiment qu’il vaut mieux investir dans ces produits, qui ne sont au passage pas moins rentables, car ils améliorent notre planète et engagent une certaine responsabilité. Nos clients veulent miser sur un avenir à long terme. • Beci Rapport d'activités 2019 | 29 © Belga

L’intelligence collective au service des défis sociaux Le manque de collaboration entrave sérieusement l’élaboration de réponses aux défis sociaux. Il n’est plus possible de faire face à la complexité actuelle si chacun travaille de son côté. L’intelligence collective est source de solutions pour un monde complexe où les réponses simples ne suffisent plus et dont personne ne détient la connaissance ou une vision complète. Cécile Huylebroeck, Conseiller Emploi Beci Ischa Lambrechts, Conseiller Mobilité Beci De janvier à juillet 2019, cinq ateliers collaboratifs ont élaboré des solutions de mobilité pour la zone de Tour & Taxis. Ci-dessus : Ischa Lambrechts. À l’opposé de la logique d’appropriation, l’intelligence collective se distingue par l’ouverture, l’échange de connaissances et une participation active, mais bénévole. Chacun décide de s’investir ou non dans ce mouvement fondamental qui se généralise à toutes les strates de la communauté humaine. La méthode fait de nous des acteurs de toutes les décisions sociétales, dans des domaines tels que l’environnement, le climat, la mobilité, l’économie circulaire et l’emploi. C’est donc aussi la manière dont le Centre de Connaissances de Beci entend répondre aux défis de société à Bruxelles. Un premier projet visait, ces derniers mois, l’élaboration de solutions de mobilité pour la zone de Tour & Taxis. Elles ont pris la forme d’un Smart Mobility Hub. « La fragmentation est le pire ennemi de l’innovation », pose Ischa Lambrechts, Conseiller Mobilité chez Beci. « Un Mobility Hub n’est autre qu’un point-nœud multimodal où divers modes de transport se greffent les uns sur les autres dans une zone qui concentre l’emploi, l’habitat, le commerce et les loisirs. Le défi consiste à appréhen30 | Beci Rapport d'activités 2019 der tous ces éléments comme un tout. Nous avons donc collaboré avec Extensa (le promoteur du site) et une quarantaine d’entreprises, d’acteurs logistiques, de navetteurs, d’habitants et d’acteurs de la mobilité. » De janvier à juillet 2019, les cinq ateliers d’un living lab ont ainsi formulé des solutions selon la méthode du design thinking. Vu la prépondérance de l’expérience usager, la réflexion s’est complétée d’une série de tests sur le terrain. Dénommés Critical MaaS, ceux-ci consistaient en une sorte de ‘gamification’ sur la thématique de la mobilité. Beci collabore sur le même mode à un projet participatif concernant les défis climatiques, devenus impossibles à appréhender par une approche unique. Les tentatives d’assimiler la question climatique à une responsabilité partagée des citoyens, des entreprises et des pouvoirs publics se limitent trop souvent aux projets participatifs classiques. Beci lance donc le City Climate Challenge 30/30/30, une initiative des entreprises bruxelloises avec l’ambition d’obtenir d’ici 2030 une réduction de 30 % des émissions de CO2 par le biais de 30 projets collaboratifs. Pour y parvenir, Beci appelle à l’union des forces. « Tous les acteurs sociétaux et socio-économiques ont intérêt à faire preuve de suffisamment d’ambition et à s’engager efficacement dans une réduction des émissions de CO2 . Un agenda climatique commun ouvre des perspectives de création d’emplois, de compétitivité et de croissance économique », déclare Cécile Huylebroeck, responsable du projet 30/30/30 chez Beci. « Le nouveau paysage politique favorise d’ailleurs l’obtention de résultats concrets, sous la forme de nouvelles collaborations entre les pouvoirs publics, le monde académique, les citoyens et les entreprises. » Beci utilisera, pour concrétiser le projet 30/30/30, des méthodes participatives de fixation des objectifs communs, à réaliser par la suite. Des gestionnaires appartenant à divers secteurs des pouvoirs publics et du monde des entreprises s’attaqueront sans tabou et de manière innovante à un défi essentiel pour l’avenir de la capitale. • © Reporters

Leo Exter : « La méthode collaborative amènera des résultats » L’un des défis du projet 30/30/30 sera d’arriver à faire converger des idées parmi les acteurs bruxellois autour de la table. C’est le rôle de Leo Exter, expert en ‘open innovation’ et co-création chez Hack Belgium. Géry Brusselmans D.R. Quelle est votre implication dans le projet 30/30/30 ? Je suis en quelque sorte facilitateur et conseiller pour la méthodologie appliquée durant le projet. J’interviendrai autant dans la conception de l’idée que dans son exécution. Je suis un des cofondateurs de Hack Belgium, organisation composée ici en Belgique de 10 personnes, dont le rôle est de créer des interactions. Nous avons un réseau à Bruxelles, mais aussi en Flandre et en Wallonie. J’ai été impliqué dès les premières discussions chez Beci, où Cécile Huylebroeck porte le projet en interne. Avant la réunion avec les responsables d’entreprises, fin juin 2019, nous avons déterminé les contours du projet afin de baliser le terrain. Comment imaginez-vous le processus de création d’idées ? Nous aimerions notamment organiser des sessions d’idéation. Pour un groupe de 20 à 30 participants, nous formons des équipes de 4 à 5 personnes. Après avoir tracé le contexte, nous essayons de faire émerger des idées à travers les discussions de l’équipe. Le processus paraît simple mais il existe pas mal de techniques destinées à faire émerger les idées. Pour obtenir des résultats, il est important que les personnes qui participent aux sessions d’idéation aient une certaine expertise et développent leur créativité. L’autre aspect essentiel pour obtenir des résultats est de pouvoir créer dans chaque groupe une certaine mixité dans les perspectives, les contextes et les connaissances. Dans le cas du projet 30/30/30, l’idée serait de mélanger les idées de sociétés importantes comme Proximus ou Interparking avec des acteurs plus techniques et technologiques, pourquoi pas des start-up. L’un des défis sera probablement de concilier les agendas des responsables de sociétés impliquées dans le projet. Y aura-t-il des échanges d’idées via internet ? Il existe quelques outils propres à internet, dont certaines plateformes belges, qui permettent de mettre des idées en commun, mais au-delà, des rencontres physiques permettront d’être plus efficaces. Au plus nous obtenons la participation de hauts responsables et de personnes pertinentes, au mieux nous arriverons à dégager des idées. Une autre forme de co-création que nous mettrons probablement en place est le ‘design sprint’. Il s’agit d’une session de 3 à 5 jours destinée à passer de l’idée au projet. On peut déjà obtenir des résultats concrets après cette session. Le but est de cadrer certaines idées pour se concentrer sur l’essentiel. Quand estimez-vous que les premières idées du projet 30/30/30 seront appliquées ? Certaines idées pourraient être appliquées en quelques mois. Je pense par exemple, comme certains responsables d’entreprises l’ont déjà évoqué, à mentionner la charge environnementale sur une facture de gaz ou d’électricité. Certaines idées peuvent par contre n’aboutir qu’après 3 ou 5 ans. Il ne faut pas négliger les étapes préalables à la concrétisation. L’une des questions sera de savoir s’il faut récolter des données et surtout comment récolter ces données. Avant de déterminer le projet qui aura le meilleur impact, il faut connaître l’environnement, ce qui impliquera par exemple de placer des capteurs pour récolter et analyser des données. • Beci Rapport d'activités 2019 | 31

Conseil, info, événements, formations : un an auprès des entrepreneurs Droit des sociétés, accords de libre-échange, GDPR, digitalisation, SEO, réforme des subsides bruxellois : l’actualité, les évolutions légales, les tendances de société, les transformations technologiques dictent leur tempo, auquel les entreprises doivent constamment s’adapter. Les accompagner par le conseil, la formation et l’information, c’est la mission de Beci. Extraits Droit du travail Value Coaching Compensation & benefits JEFTA Brexit Fonds européens Marchés publics GDPR Subsides Intelligence artificielle Blockchain Gestion des risques Réforme fiscale Droit d’auteur Gamification Visual storytelling People Management Bail commercial Industrie 4.0 Recouvrements de créances Détachement des travailleurs Digital analytics e-commerce Registre UBO Économie circulaire Droit des sociétés SEO Google my business CCT d’entreprise Médiation juridique Insolvabilité Prospection digitale Élections sociales Chatbot Réseaux sociaux Formalités douanières • C’était la réforme de l’année : le nouveau code des sociétés est entré en vigueur le 1er mai : simplification drastique des formes de sociétés, fin de l’obligation de disposer d’un capital de départ, un seul administrateur nécessaire pour une SRL... La réforme valait bien une série d’articles et un cycle de séminaires. • Depuis le 1er février, l’Union européenne et le Japon sont liées par un accord de partenariat économique dit de « nouvelle génération » : le JEFTA. Une opportunité de développement pour nos entreprises, à laquelle nous avons accordé une large attention. • Numérisation, robotisation, intelligence artificielle vont (non, pardon : sont en train de) révolutionner le monde du travail. Comment intégrer ces bouleversements ? Quel profit pouvons-nous en tirer ? Et comment se positionne Bruxelles ? Des questions auxquelles nous avons tenté de répondre sur notre site web, dans nos publications et lors d’événements. 32 | Beci Rapport d'activités 2019 • Le règlement général sur la protection des données (RGPD, ou GDPR en anglais) est d’application depuis mai 2018. Cependant, seules 5 % des entreprises sondées par Beci fin 2018 se sont déclarées « totalement prêtes » à l’appliquer. Et les contrôles ont commencé en juin 2019. Beci a encore organisé ces derniers mois des ateliers pour aider les entreprises à s’y conformer. • L’économie circulaire est l’un des chapitres du Mémorandum publié par Beci en prélude aux dernières élections. C’est aussi un engagement de Beci, à travers des outils de diagnostic et des conseils aux entrepreneurs, pour les aider à mettre les principes circulaires en pratique. • Les aides aux entreprises bruxelloises ont subi une importante réforme : numérisation, rationalisation, réallocation…. Les subsides étaient au cœur d’une rencontre organisée avec le ministre de l’Économie Didier Gosuin. Ils ont aussi fait l’objet d’un guide, publié en partenariat avec KBC Brussels. • Être présent sur internet, c’est bien. Être vu sur internet, c’est encore mieux. En septembre 2018, Beci accueillait le tout premier « SEO Camp Day » organisé à Bruxelles : une conférence consacrée à l’optimisation pour moteurs de recherche (Search Engine Optimisation, ou SEO). • La Belgique dispose d’une fiscalité favorable sur les revenus de droits d’auteur perçus par les personnes physiques. Des droits d’auteur qui ont fait l’objet d’une séance d’information en 2019 chez Beci. • Le registre UBO, qui doit permettre de prévenir le blanchiment de capitaux, s’impose désormais à toutes les sociétés belges (jusqu’aux ASBL et fondations). Dernier délai de mise en conformité : le 30 septembre prochain. •

Starters : le lancement d’entreprise est en de bonnes mains Accompagner les entrepreneurs dans le lancement de leur activité, c’est la mission unique mais ambitieuse du programme starters. Pour la 7e année du programme, toutes les ressources ont été mobilisées pour concrétiser, propulser et parfois canaliser ce bouillonnement d’idées propre aux entrepreneurs bruxellois ! Mehdi Ferron Un accompagnement à la fois pro et convivial : Structurer son projet, remettre en question son business model, peaufiner son pitch et son dossier de financement… Pourquoi ne pas préparer toutes ces démarches autour d’un repas ? Voilà le pari (réussi !) d’Emmanuelle Einhorn, qui organise chaque lundi le Lunch Starter. « Tous les lundis, ce sont des profils variés qui échangent chez Beci autour d’un lunch. L’idée est de capitaliser sur la valeur du collectif et la richesse du partage d’expérience. » Des projets ambitieux pour les starters : Un nouveau concept a vu le jour, le Beci Business Challenge. « 6 semaines pour 6 fois plus de chances de réussir » : un programme de formations et une mise à l’épreuve sous forme de présentation des projets devant un jury composé de Pierre Hermant (Finance.brussels) et Olivier Willocx (Beci). Des partenaires qui apportent une réelle plus-value : L’accompagnement des starters s’est également enrichi de l’expertise de partenaires. BNP Paribas Fortis et Finance.brussels pour le financement, Partena pour les démarches de la création d’entreprise ou encore le CEd pour les questions de prévention. Un contact avec des professionnels qui a notamment participé à démystifier le regard porté sur les organismes qu’ils devront fréquenter. • 1250 Ils étaient cette année 1250 à participer à notre cycle de formation starter, de la définition du projet aux ateliers dédiés à la recherche de financements. Les lunchs starters ont quant à eux réuni 500 participants, tandis que les conférences, à l’image de WomenPreneur, ont fait salle pleine. TÉMOIGNAGE Arnaldo Vargas (Velopakk) « Avant de lancer Velopakk, je travaillais dans l’IT. J’ai enchaîné les emplois dans toute l’Europe, puis je suis revenu à Bruxelles il y a trois ans, mais je n’avais plus envie de bosser dans l’IT. Le secteur avait changé, et moi aussi. La seule chose qui était restée la même, c’était ma passion pour le vélo et mon engagement pour les problématiques de mobilité. J’étais convaincu qu’il y avait quelque chose à faire dans la logistique urbaine à vélo, au-delà des livraisons uberisées que l’on connaît. J’ai poussé la porte de la Chambre de Commerce parce que je ne savais pas par où commencer et car je savais qu’ils agissaient pour faire avancer la mobilité bruxelloise. J’avais aussi besoin de confronter mes idées hors du milieu des coursiers que je fréquentais, ou de mon cercle proche. Eric et Emmanuelle, responsables du programme starter, m’ont proposé le Beci Business Challenge. On m’a attribué un parrain, Ischa Lambrechts, conseiller mobilité de Beci, et on m’a présenté l’objectif : faire mûrir puis lancer son projet en 6 semaines, jusqu’à la présentation devant Finance. brussels. On m’a rapidement sorti de ma zone de confort : comment vas-tu rentabiliser tes activités ? quels sont tes partenaires ? combien ça coute ? … On ne m’a pas demandé de parler de mon idée, on m’a incité à prouver que mon projet était rentable. Et ça, ça implique de cogiter autrement. Après les premiers doutes, et à force de trouver réponses à toutes ces questions, l’idée devient de plus en plus tangible. À la fin, tu ne défends plus ton idée, tu défends ton business. Je peux dire qu’on nous a vraiment éprouvé, mais pour le meilleur ! Aujourd’hui, on met en place notre communication et on développe nos premiers contrats. Grâce à Ischa, j’ai pu côtoyer les acteurs de la mobilité bruxelloise. Parmi les projets d’actualité : développer les possibilités de micro-mobilité avec Tour & Taxis, ou mettre sur pied un pop-up de la mobilité dans le centre-ville. » D.R. Beci Rapport d'activités 2019 | 33

Formations : les nouveaux défis appellent de nouvelles compétences Les formations et workshops occupent une grande partie de l’agenda de Beci. Cela tient tant à la volonté d’apprendre des entrepreneurs bruxellois, qu’à l’émergence de nouvelles compétences à acquérir pour s’inscrire dans le monde du travail d’aujourd’hui. D.R. Mehdi Ferron TÉMOIGNAGE Une année de séminaires et formations rythmée par l’actualité : Réforme du droit des sociétés, RGPD, bail commercial de courte durée, législation sociale… L’actualité a peut-être plus que n’importe quelle autre année rythmé le calendrier des séminaires et formations chez Beci. Un véritable intérêt pour ces sujets s’est fait ressentir parmi les entrepreneurs : ils étaient notamment près de 170 à participer à notre triptyque consacré à la réforme du Code des Sociétés. Digital Track : aller plus loin dans l’accompagnement. Ce qui n’était encore qu’un projet il y a un an est devenu un édifice aux fondements solides. Le choix d’une approche démystificatrice de la digitalisation a par ailleurs su répondre à un réel besoin. Un participant au Lunch Digital nous confie avoir apprécié « la découverte d’un monde qui paraissait inaccessible, pour nous, les plus âgés ». C’est justement la philosophie que veut développer Tarik Hennen, Digital Strategy Consultant : « Les entrepreneurs sont trop souvent démunis car ils ne savent pas comment implémenter leur stratégie digitale. Ils sont focalisés sur le ‘comment’, mais n’affrontent jamais le ‘pourquoi’. Or, quand on a compris pourquoi chacun, dans son cas précis, a besoin du digital pour son business, on est capable de se l’approprier ou de le déléguer. » Les événements Beci : créer du lien. Prendre part à des formations ou des séminaires, c’est aussi faire des rencontres entre participants. Tout au long de l’année, Beci propose des rendez-vous événementiels, Afterworks, Garden Party, Zinner Circles… Autant d’occasions de renforcer les liens au sein de la communauté des entrepreneurs bruxellois. • 34 | Beci Rapport d'activités 2019 Philippe Patte (Think & Do Consulting, Président du Brussels Business Club) « Je suis consultant en gestion stratégique et financière d’entreprise et en développement d’affaires. Ma mission va souvent plus loin que celle de l’accompagnement des chefs d’entreprise : je suis amené à négocier leurs contrats, je participe activement aux conseils d’administration, et je me positionne partout où mon client considère que je peux apporter une valeur ajoutée pour son business. Quand on occupe une telle fonction, on a une obligation de se tenir au courant. Les formations et événements de Beci permettent une bonne introduction à de nombreux sujets d’actualité. J’ai notamment participé au cycle de formation sur le nouveau Code des Sociétés. Après les conférences, complétées par les slides du formateur qui nous sont systématiquement envoyées, on est capable de se poser les bonnes questions : faut-il garder nos statuts actuels ? Vaut-il mieux les changer ? Ne gagnerais-je pas à créer une nouvelle société ? Dans ma mission, se poser les bonnes questions au regard de l’actualité est indispensable. Ce que j’apprécie également chez Beci, c’est que c’est une véritable plateforme d’événements, de formations, et de networking. Les séminaires sont d’excellentes occasions de rencontrer d’autres personnes, intéressées par les mêmes thématiques. Les échanges entre participants, qui peuvent se transformer en collaborations futures, apportent une vraie valeur ajoutée. On échange nos cartes de visite, et on est souvent amené à revoir les personnes présentes lors d’autres événements... J’accorde beaucoup d’importance à ce réseautage, et les nouveaux modèles de formation comme l’e-learning ne pourront jamais remplacer ces contacts humains. » 4637 3076 personnes ont pris part cette année aux événements Beci (Afterworks, Zinner Circles, etc.), hors Garden Party. S’y ajoutent 1561 participants à nos séminaires et formations, soit 4637 personnes.

Commerce international : connecter les entreprises dans un réseau d’affaires mondial © Getty À un an de l’expo Dubaï 2020, Beci coorganise cet automne une mission aux Émirats. Bruxelles a attiré cette année tous les regards en organisant le départ du Tour de France. Mais ses entreprises n’ont pas attendu cette opportunité pour rayonner à l’international. La mission de Beci : conseiller et accompagner les entreprises dans leurs projets de développement au-delà de nos frontières, dans un contexte de mutation du commerce international. Mehdi Ferron 153 Saisir les opportunités internationales : Dans un monde en mouvement, Beci se doit d’accompagner les entrepreneurs dans les transformations du commerce international. Cette année, l’actualité du Brexit a suscité de nombreuses interrogations, et Beci a affirmé son rôle de plateforme de conseil afin de préparer les exportateurs aux conséquences commerciales et douanières du retrait du Royaume-Uni. Mais des opportunités commerciales prometteuses ont également dessiné des perspectives intéressantes pour les entreprises bruxelloises : des possibilités d’affaires aux États-Unis jusqu’à l’accord de partenariat économique conclu récemment entre l’UE et le Japon (Jefta), Beci a parcouru un grand ensemble de sujets susceptibles d’ouvrir le champ des possibles pour les entreprises. Beci et le réseau Enterprise Europe Network (EEN) ont mis en relation 153 entreprises bruxelloises avec des sociétés étrangères, notamment grâce à la plateforme d’opportunités d’affaires en ligne et des évènements de matchmaking. 114 PME ont également pu bénéficier de conseils pour répondre à leur volonté d’internationalisation, tandis que 40 accompagnements personnalisés ont été réalisés (accès aux marchés étrangers, réglementations au sein du Marché Unique européen, marchés publics européens, …). Ce sont également quelques 16.719 certificats d’origine et 353 carnets ATA qui ont été délivrés par le service Formalités à l’Export de Beci. Beci Rapport d'activités 2019 | 35

D.R. TÉMOIGNAGE Miny Bayot (Zagapali) « Je me suis lancée dans la création de mode un peu par hasard, après une formation d’économiste. Avec du recul, je me dis que l’aspect créatif de ma personnalité avait besoin de s’exprimer ; l’occasion s’est présentée lors d’un épisode de ma vie où je me suis sentie frustrée de ne pas trouver le sac que je cherchais. L’aventure a commencé en 2014 : apprentissage du métier, recherche du bon tissu, du bon atelier, ancrage de l’identité de la marque… Je désirais créer un sac qui trouve son inspiration en Afrique, tout en dégageant une élégance contemporaine qui donne du peps à la tenue ; et surtout, je voulais que mes sacs concentrent en eux une véritable histoire. J’ai trouvé en Belgique des entreprises qui ont su donner vie aux tissus et aux motifs que j’imaginais. Mais aucun atelier autour de moi ne pouvait travailler le cuir, et c’était vraiment important pour moi. La tannerie italienne s’est imposée comme une évidence. Mes recherches m’ont amenée à collaborer avec un atelier bulgare qui pouvait donner vie à mes dessins. Je travaille avec eux depuis le premier prototype, que je porte encore aujourd’hui. Après quatre années de travail, d’apprentissage, de rencontres aussi, je remporte à ma grande surprise mon premier concours au Canada, lequel récompensait plusieurs entrepreneurs issus de la diaspora africaine. C’est à partir de ce premier gain de visibilité qu’on m’a mis en contact avec Beci et le réseau EEN – Enterprise Europe Network. Le réseau m’a permis d’entrer facilement en contact avec un salon organisé à Amsterdam, où l’on m’a présenté différentes opportunités, et de bons profils B2B. Et ce salon a justement ouvert la voie à de belles rencontres, notamment avec une représentante de la Torino Fashion Week, qui m’a donné la chance de participer au défilé. Entrer dans ce monde via le réseau EEN m’a d’ailleurs permis d’être partie prenante de la dimension entrepreneuriale du défilé. Lors de ces évènements, on peut rencontrer d’autres personnes venant de tous horizons, envisager des collaborations et avoir une bonne visibilité. Mes projets pour la suite de l’aventure : m’ouvrir encore plus à l’international, et notamment en Afrique. Mais je veux en même temps ne pas aller trop vite, garder une cohérence dans ma marque et une passion dans mes réalisations. J’ai d’ailleurs été déjà réinvitée pour la prochaine Fashion Week à Turin, et j’espère pouvoir présenter une collection dans laquelle on ressentira toujours l’énergie de Zagapali. » L’ouverture du marché chinois aux investissements étrangers a également fait l’objet d’une grande attention, et a donné lieu à une intervention de la Chambre de Commerce Belgo-Chinoise auprès du public de Beci. Les participants ont pu découvrir les possibilités qui s’ouvraient à eux pour développer leurs activités en Chine. Autre mission ambitieuse : positionner les entreprises bruxelloises sur les nouveaux marchés qui seront demain les hauts lieux du commerce international. Pour conclure cette année en beauté, c’est Dubaï qui fait l’objet de la prochaine mission économique coorganisée par Beci. Une belle occasion de découvrir le cœur économique de la région du Golfe, et y conclure de nouveaux partenariats. S’affirmer comme experts des questions douanières : Le développement international des entreprises bruxelloises implique des besoins en hausse d’accompagnement sur les questions douanières. Force est de constater que la matière est complexe, notamment pour les néo- exportateurs. Si l’on ajoute les spécificités intracommunautaires, les différents traités de libre-échange, la question du Brexit, ou les exigences particulières de certains États, il y a de nombreuses raisons d’être perdu. Beci réaffirme son rôle d’expert en matière de spécificités douanières, et accompagne individuellement ou collectivement, lors de séances d’information, les entreprises souhaitant développer leurs activités d’exportation ou d’importation. Faciliter les formalités à l’export : En tant que Chambre de Commerce, Beci est la seule institution habilitée à réaliser un certain nombre de formalités à l’export en Région bruxelloise. Parmi celles-ci, la délivrance des Certificats d’origine (CO) et des Carnets ATA, documents satisfaisants aux exigences des autorités douanières ou commerciales. Les chiffres le démontrent : les entreprises bruxelloises s’ouvrent sur le monde. Leur chiffre d’affaires sur le marché asiatique a augmenté de 150 % en dix ans ; en Amérique du Sud, c’est 400 % ! Ces nouvelles opportunités qui se dessinent sur les marchés émergents nous amènent à rappeler fréquemment pourquoi il est primordial de réaliser ces formalités en amont : il s’agit de répondre aux exigences de traçabilité des pays ou des clients, bénéficier d’un dédouanement de la marchandise lors des exportations temporaires, gagner du temps lors du passage en douane… Afin de permettre à l’ensemble des exportateurs de réaliser ces formalités de façon fluide, Beci s’appuie également sur la plateforme en ligne DigiChambers. Les entrepreneurs peuvent y obtenir leurs documents, faire viser leurs factures, etc. Ce sont ainsi 12.800 certificats d’origines qui ont été délivrés par Beci via ce service digitalisé. Pour les années à venir, la plateforme entend miser sur l’expérience utilisateur, en déployant DigiChambers 2.0 en ce mois de septembre. Les exportateurs bénéficieront ainsi de fonctionnalités supplémentaires, réaliser en toute simplicité leurs démarches via leur smartphone, ou encore se tourner plus facilement vers un conseiller. • 36 | Beci Rapport d'activités 2019

Entreprises en difficulté : 7 Cette année, le Centre pour Entreprises en difficultés a réalisé 2296 entretiens, en présentiel ou à distance. Les 4051 échanges téléphoniques ont abouti à 963 consultations. Au total, le CEd a ainsi traité quelques 7 cas par jour. Dans l’ordre des besoins les plus exprimés, on compte l’assistance juridique, puis comptable, et enfin financière. © Getty une aide gratuite, unique en Belgique Les entrepreneurs peuvent faire face à des difficultés de plusieurs ordres, et à différents moments de leur parcours. Le Centre pour Entreprises en difficulté (CEd) joue alors le rôle de plateforme pourvoyeuse de solutions pour les indépendants et chefs d’entreprises, et ce dans l’ensemble de la Région bruxelloise. Mehdi Ferron Un réseau de professionnels : Le CEd s’est progressivement positionné au cœur d’un réseau d’acteurs publics et privés, dans le but d’apporter des solutions concrètes aux entrepreneurs. Ceux d’entre eux qui rencontrent des difficultés sont réorientés vers le CEd via une étroite collaboration entre différentes institutions : le tribunal de l’entreprise, le Bureau d’aide juridique, Hub.Brussels, l’infopoint 1819, les guichets d’économie locale, ILES, Test-Achats, le Centre Dansaert, des CPAS, l’ASBL Question Santé, Crédal, ou encore le Cabinet du Roi. TÉMOIGNAGE Julia (prénom d’emprunt) Le CEd et ses experts aident les entrepreneurs à anticiper l’avenir de leur business. Certaines situations demandant un support technique que le CEd peut également proposer, notamment pour mettre fin totalement ou partiellement à une activité. De concert avec le Hub Transmission de Beci, le CEd favorise également la cession et la reprise d’entreprises en difficulté. Pour mener ces missions, le CEd s’appuie sur des consultants représentant un large spectre d’expertise : juristes, experts comptables, fiscalistes, experts en marketing ou en subsides, etc. Le CEd travaille également avec l’Ordre des avocats pour apporter une assistance juridique performante. Jouer un rôle préventif : Le CEd s’affirme également comme acteur de prévention des risques. À ce titre, tant les entrepreneurs actifs que les starters peuvent profiter des services des consultants, ou participer aux différentes formations proposées. Afin d’être toujours plus à l’écoute des problématiques entrepreneuriales, le CEd veille à organiser fréquemment des groupes d’échanges avec des acteurs de tous milieux, pour ajuster son offre de conseil. • « Je suis opticienne de formation, et ai exercé ce métier pendant 25 ans. Durant ces années, je suis passée du salariat à l’entrepreneuriat, en explorant de nouvelles pratiques comme les services optiques à domicile. Au bout d’un certain temps, j’ai compris que mon aide comptable ne remplissait pas sa mission comme on aurait pu l’attendre. Il y avait des failles dans la constitution de mon entreprise et quelques autres problèmes à propos desquels mon comptable ne m’a pas alarmée. J’espérais que cette situation soit rattrapable, mais il était manifestement trop tard. Dans la foule de renseignements que j’ai cherchés, on m’a conseillé le CEd. Le premier contact était vraiment agréable, j’ai senti qu’on était à l’écoute de mes problèmes. On m’a alors mise en contact avec un conseiller juridique et fiscal qui m’a très vite donné tous les renseignements dont j’avais besoin. En deux rendez-vous, il a démontré son professionnalisme et presque joué un rôle de guide. On m’a conseillé de faire un aveu de faillite, ce qui est difficile psychologiquement. Mais j’ai pu, grâce à cet aveu et aux conseils donnés, prendre la main sur ma faillite et contrôler un peu l’atterrissage. Je vois la suite d’un bon œil car on m’y a bien préparé : je vais assainir ma situation, et passer à autre chose. J’ai redessiné mes projets professionnels : je vais épauler une amie qui a lancé une offre de cupcakes avec succès. J’ai suivi une formation de conseil en nutrition, et je vais également mettre mon expérience d’entrepreneuse au service d’un beau projet. » Beci Rapport d'activités 2019 | 37

ReStart : « Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs » (Marcel Proust) La philosophie qui anime le programme reStart de Beci, dédié au rebond, est d’accompagner ceux qui ont connu un échec entrepreneurial, quelle qu’en soit la forme, et de transformer l’expérience passée en un moteur de réussite future. Mehdi Ferron Le tabou de la faillite en passe d’être brisé ? On a longtemps passé sous silence l’échec entrepreneurial. Pourtant, la hausse du nombre de faillites à Bruxelles (1.645 au premier semestre 2019) devrait participer à déstigmatiser cette question. « L’échec est encore un tabou, alors même que l’on constate que les entrepreneurs qui rebondissent réussissent mieux que la moyenne », déclare Eric Vanden Bemden, coordinateur du programme reStart. Cet engagement a d’ailleurs reçu cette année un relais appréciable dans les médias. Un programme qui a fait ses preuves : Depuis 2017, reStart a accueilli 9 promotions. Le programme, d’une durée de 5 mois, répond aux réels besoins des entrepreneurs en rebond : accepter la réalité de leur échec, renforcer leur confiance et leur estime de soi, tourner la page pour en écrire une nouvelle. Une partie des reStarters a choisi de se diriger vers le salariat, tandis que d’autres ont relancé une nouvelle activité entrepreneuriale. Une aventure humaine : Pour faire ressortir le meilleur de ces entrepreneurs, le programme laisse la part belle à la dynamique de groupe et au partage d’expérience. « ReStart est nourri par la bienveillance et le respect, ce qui ne peut qu’être utile pour retrouver l’espoir, (re)devenir persévérant, oublier les doutes et les questionnements », confie Olivier G. Il est fantastique de voir qu’à chaque séance de clôture, une grande émotion gagne les participants, prêts à envisager l’avenir avec enthousiasme. Ils pourront d’ailleurs compter sur le soutien de leurs pairs, devenus pour certains une véritable famille. • 130 Un temps fort : la présentation chez Beci de l’ASBL ABA, lancée par deux reStarters. Depuis le lancement du programme en mars 2017, nous avons accompagné 130 reStarters. Aujourd’hui, 47 % ont retrouvé un job et 53 % ont lancé un nouveau projet entrepreneurial ou sont en cours de finalisation. En 2019 (estimation après 9 mois), 514 participants ont suivi nos ateliers et formations reStart. TÉMOIGNAGE Isabelle (prénom d’emprunt) « Je suis pharmacienne, et j’ai travaillé pendant 25 ans dans ce domaine. En 2014, j’ai repris une officine à Bruxelles pour être mon propre patron. En 2017, ma rue a été bloquée par de gros travaux et, du jour au lendemain, j’ai perdu une grande partie de mes clients. J’ai dû fermer en janvier 2018 car je ne pouvais plus payer mes fournisseurs. La faillite de la pharmacie a été actée en septembre de la même année. Sur recommandation du curateur, j’ai rejoint le programme reStart qui m’a vraiment aidée à déculpabiliser de cette faillite. Et surtout, j’ai été amenée à tirer un enseignement de mon expérience et à réfléchir sur ce que je voulais réaliser à l’avenir. Ce n’est pas un enseignement technique ou de gestion, c’est avant tout un enseignement humain. Je sais désormais que je veux continuer à travailler dans la santé, car j’aime écouter et aider les gens. Mais je le ferai dans un cadre qui corresponde cette fois-ci davantage à ce que je suis. Si la faillite est souvent une forme de destruction de soi-même, de l’égo, parfois même de la santé, reStart, c’est la reconstruction. Nous continuons à garder le contact avec l’ensemble de la promotion, et on se revoit au moins une fois par mois. Lorsque l’un de nous rencontre un problème, nous en parlons avec les autres et nous cherchons des solutions. Pour la suite, je vais lancer mon activité en tant qu’indépendante, et peut-être tirer parti du programme starters de Beci pour m’enrichir de la dynamique de groupe. » 38 | Beci Rapport d'activités 2019 © Reporters

Hub Transmission : démythifier la cession et l’acquisition d’entreprises Voici 4 ans que le Hub Transmission sensibilise et accompagne les entrepreneurs dans leurs projets de cession et d’acquisition d’entreprises. Perpétuer le savoir-faire des entreprises bruxelloises, favoriser des modèles de transmission adaptés aux besoins des entrepreneurs, donner à voir des pratiques de transmission innovantes : telle est la philosophie qui anime les experts du Hub. Mehdi Ferron 223 223 personnes se sont inscrites aux événements du Hub Transmission durant l’année 2018-2019. Ces petits-déjeuners, conférences et panels de discussion réunissent cédants, acquéreurs et professionnels de la transmission. D.R. TÉMOIGNAGE Jean-François Puissant-Baeyens (Building Management) La transmission, enjeu de taille pour l’économie bruxelloise. 30.000 entreprises par an font l’objet d’une transmission en Belgique, selon une étude réalisée par notre partenaire Actoria. Sensibiliser les chefs d’entreprises à cet enjeu reste une nécessité : plus de 100.000 emplois seraient menacés pour cause d’impréparation à la cession, rien qu’à Bruxelles. Le Hub Transmission de Beci s’est engagé à jouer ce rôle, en se positionnant sur tous les fronts : mise en place d’événements consacrés à différentes thématiques de la transmission, action médiatique sur la question du « repreneuriat », mobilisation autour des acteurs économiques, financiers ou juridiques opérant dans le domaine de la transmission. Innover en transmission d’entreprise : La position du Hub Transmission permet de donner la part belle à la réflexion sur les pratiques innovantes en matière de transmission. Le nouveau Code des Sociétés ou la digitalisation des process ont par ailleurs ouvert de nouvelles perspectives, notamment en offrant plus de souplesse et de vision aux dirigeants. Dans certaines entreprises, on note également une tendance grandissante à la transmission aux salariés. Le Hub Transmission souhaite affirmer son engagement d’accompagnement dans ces démarches. • « L’obtention de mon diplôme d’architecte date de 1985, et mes premières expériences m’ont toujours amené à travailler seul sur les projets. Puis, vers la quarantaine, j’ai eu ce désir de m’associer pour entreprendre des missions plus ambitieuses. J’ai alors été amené à collaborer avec une société qui s’appelait Building Management, et qui est passée, au fil du temps, de 3 à 7 personnes. La croissance s’est poursuivie en reprenant une entreprise du même secteur. Je me suis retrouvé alors, par la force des choses, administrateur délégué, sans avoir réellement une grande expérience dans la gestion. Lorsqu’on a 55 ans, que l’on est responsable du destin d’une entreprise, se poser la question de la transmission est une nécessité raisonnable. Toutefois, des problèmes de gestion interne, impliquant la répartition des parts, rendaient la situation difficile à appréhender seul. C’est là que j’ai eu mon premier contact avec le Hub Transmission, qui a su réaliser un vrai travail de fond sur l’analyse de notre société et de son fonctionnement. Ils ont mis en place des outils de diagnostic, ont facilité l’instauration de règles internes avec mes associés qui bénéficiaient de parts. J’ai moi-même pu découvrir qu’un confrère d’une autre société cherchait à s’agrandir. Beci, en tant qu’acteur neutre, nous a permis de nous procurer des données fiables sur la valorisation de l’entreprise, et nous a donné les clés pour disposer d’une base de négociation. On a ainsi pu aboutir à une proposition de l’entreprise acheteuse, et à un consensus entre tous les associés de Building Management. Autre point positif, l’assistance pour de nombreux aspects techniques. Le repreneur a ainsi racheté 100% des parts de la société, tout en maintenant l’emploi des 5 personnes présentes. Nous y travaillons tous aujourd’hui comme indépendants. » Beci Rapport d'activités 2019 | 39

02.08.2018 u 06.09.2018 u Au mois d’août 2018, Beci recevait une délégation d’entreprises pakistanaises. À huit mois du scrutin régional et fédéral, le politologue Dave Sinardet ouvrait notre cycle de rencontres préélectorales, au Cercle de Lorraine. t 19.10.2018 t 02.10.2018 Emmanuel Goedseels (Whyte Corporate) est le premier rédacteur en chef invité de notre magazine Bruxelles Métropole. L’entrepreneuriat durable à l’international était au cœur d’un séminaire le 2 octobre, avec la secrétaire d’État régionale Cécile Jodogne. 26.10.2018 u 12.11.2018 u Première séquence du Smart Mobility Hub, initié par Beci et Extensa, pour repenser la mobilité dans et autour du site de Tour & Taxis. Le 12 novembre dernier, une délégation de reStarters emmenée par Beci rencontre le Ministre bruxellois de l’Économie, Didier Gosuin. t 21.05.2019 t 27.03.2019 L’épicerie fine Gaster était au mois de mai le cadre épicurien d’un Zinner Circle. Un monde entrepreneurial où la complémentarité prime sur le genre : Beci et ses membres en ont débattu dans le cadre de l’initiative Business in Harmony. 18.06.2019 u 25.06.2019 u Par un beau jour de juin, Beci et Wallonie Belgique Tourisme vous ont emmené en croisière sur les eaux du canal. Le DS Store de Tour & Taxis accueillait en juin un afterwork dédié à l’avenir de la voiture électrique. 40 | Beci Rapport d'activités 2019

06.09.2018 u 11.09.2018 u Beci Golf Trophy : une journée de networking tout en détente et au grand air, au golf de Pierpont. Zinner Circle pour les entrepreneurs néerlandophones de Bruxelles, au Cinéma Palace. t 02.10.2018 t 20.09.2018 2 octobre 2018 : le mémorandum Beci est remis aux ministres bruxellois lors de l’événement Brussels Meets Brussels, au Cercle de Lorraine. Les Halles Saint-Géry accueillent l’afterwork ‘Sprout to Move for Brussels’, en présence des ministres de la Mobilité François Bellot (fédéral) et Pascal Smet (Région bruxelloise). 29.11.2018 u 04.02.2019 u L’économie circulaire et sa mise en pratique étaient au cœur d’un Afterwork organisé au MAD Brussels. Thierry Geerts, CEO de Google Belgium, était l’invité d’honneur de notre premier Zinner Circle 2019, chez Belfius. t 21.02.2019 t 08.02.2019 Racontez-nous votre plus gros échec, et tirons-en les leçons : dans le cadre du programme reStart, Beci et le réseau Womenpreneur invitaient quatre entrepreneurs à se confier. Hack & Cheese : un exercice de réflexion collective autour de la mobilité – et d’une plateau de fromages – en partenariat avec Hack Belgium. 26.06.2019 u 04.07.2019 u Green Afterwork chez Be-Here, nouveau pôle d’activités économiques urbaines, implanté dans l’ancien bâtiment Byrrh. Rendez-vous de l’été, la Garden Party de Beci était placée sous le thème « Best of Belgium ». Beci Rapport d'activités 2019 | 41

fête ses 65 ans et 1.000.000 de Daoustiens ! Rejoignez la grande famille des travailleurs Daoust ! INTERIM • SELECTION • OUTPLACEMENT • COACHING • PUBLIC SECTOR • TITRES-SERVICES Depuis 1954, Daoust a aidé plus d’un million de personnes à trouver un job, un collaborateur ou une aide-ménagère. Rejoignez notre grande famille dans l’un de nos 50 JobCenters ou sur Daoust.be 42 | Beci Rapport d'activités 2019 Agréments: Wallonie: W.INT/SO/RS/RE.22, Flandre: VG.163.BUOP, Bruxelles: 00391. Agréments Titres-Services: Bruxelles: B40063, Wallonie: W40063, Flandre: V40063.

1 Online Touch

Index

  1. 1
  2. 2
  3. 3
  4. 4
  5. 5
  6. 6
  7. 7
  8. 8
  9. 9
  10. 10
  11. 11
  12. 12
  13. 13
  14. 14
  15. 15
  16. 16
  17. 17
  18. 18
  19. 19
  20. 20
  21. 21
  22. 22
  23. 23
  24. 24
  25. 25
  26. 26
  27. 27
  28. 28
  29. 29
  30. 30
  31. 31
  32. 32
  33. 33
  34. 34
  35. 35
  36. 36
  37. 37
  38. 38
  39. 39
  40. 40
  41. 41
  42. 42
  43. 43
  44. 44
Home


You need flash player to view this online publication