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Vous avez déjà demandé un permis ? Suivi le parcours de création d’entreprise ? C’est incroyablement compliqué ! A contrario, la procédure donne l’impression que l’entrepreneur est toujours présumé coupable de quelque chose. « Nous devons créer un attrait pour les métiers » Favoriser l’entreprenariat, c’est aussi permettre aux entrepreneurs de recruter des collaborateurs qualifiés, ce qui implique un enseignement de qualité. « À cet égard, l’étude McKinsey, que nous avions présentée en 2014, a aidé à identifier les problèmes. Ma grande crainte, à présent, est de voir le plan initié par Mme Milquet et poursuivi par Mme Schyns s’étioler par refus du changement ou défense des droits acquis. Au niveau des formations professionnelles, il y a aussi un fameux couac : le politique reste focalisé sur de petites formations pour mettre les sans-emploi à niveau, tandis que les entreprises recherchent des hauts profils. Il y a clairement un ‘gap’. Je reste par ailleurs convaincu que, de son côté, le monde de l’entreprise doit s’impliquer en ouvrant ses portes au monde de l’enseignement. Nous devons créer un attrait pour les métiers. » Essayé de recruter via Actiris ? C’est incroyablement compliqué ! A contrario, la procédure donne l’impression que l’entrepreneur est toujours présumé coupable de quelque chose – je ne vous parle même pas des ‘faux CV’ que l’on veut adresser aux entreprises pour détecter la discrimination. Mais où va-t-on ? » « Le gouvernement bruxellois ? 4 sur 10 ! » Autre source d’insatisfaction : l’adoption des technologies : « On est encore loin d’une Smart City ! On commence à avoir davantage de hotspots ; l’accès internet s’est amélioré, mais la capacité en bande passante, cruciale pour les développements futurs, nécessite bien plus d’efforts. Voyez Transport London, qui a ouvert l’accès aux données depuis une dizaine d’années – alors qu’à la STIB, il a fallu attendre 2016. Aujourd’hui, Transport London collabore avec plus de 400 sociétés qui développent des apps, avec des activités commerciales. » Il n’y a pas à tergiverser : « Bruxelles doit choisir la technologie. On a beaucoup parlé de 4G mais, en cette matière, nous restons liés par des normes sanitaires beaucoup plus strictes que celles de l’OMS. Peuton m’expliquer pourquoi, à Bruxelles, nous devrions être plus prudents que les meilleurs experts internationaux ? Ces normes sont-elles bien motivées par des données scientifiques ? Ou bien par l’émotion d’un électorat, que certains éduquent à la méfiance ? » Au final, le président de Beci estime que le climat entrepreneurial s’est plutôt amélioré en quatre ans – et c’est bien sûr une bonne nouvelle. « Mais ce n’est pas propre à Bruxelles : c’est grâce à la reprise économique. » Et il se montre plutôt sévère pour le gouvernement bruxellois, « qui n’y est strictement pour rien. En termes de gestion publique, je ne leur donne pas plus de 4 sur 10… » • Beci Rapport annuel 2017 | 25

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