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SPEAKER’S LE MOIS POLITIQUE FAMILLE, JE VOUS AIME Souhaitons bon vent à Melchior Wathelet. L’ex-ténor cdH a trébuché sur la capitale, son plan de survol lui est retombé derrière la nuque et a décapité une carrière pourtant patiemment construite. Dommage, car le personnage avait objectivement des qualités prometteuses dans le milieu : pédagogie, connaissance de ses dossiers et une sympathie qui fait toujours plaisir, bien qu’on s’en méfie (après tout, c’est un politique ; s’il est gentil, ça sent l’arnaque !). | Michel Geyer La manière dont « Kinou » – c’est son surnom – a été lâché et même lynché par ses camarades, Joëlle Milquet en tête lorsqu’elle évoqua « l’erreur de Melchior Wathelet dont nous n’étions en rien responsable et certainement pas moi » (sic), a de quoi faire réfléchir les dynasties politiques. On pense ici aux Maingain, Ducarme, Moureaux, ou récemment à la famille Uyttendaele-Onkelinx dont l’un des éléments est devenu député régional aux dernières élections. La politique est tellement cruelle qu’offrir à son rejeton un siège de député peut en fait s’avérer un cadeau vilainement empoisonné. « En politique on n’a que des ennemis et des adversaires… et les adversaires sont dans les autres partis », paraît-il. Visiblement c’est vrai. Quand on pense qu’à l’époque, Henri Simonet avait confié son fils Jacques à Louis Michel en lui disant « prends soin du petit »... Une consigne que ce dernier a au moins su appliquer jusqu’au bout à son propre fils, Charles. Mais hélas avec le temps, ces choses-là se perdent. Les bons comptes font les bons amis Cette péripétie de carrière n’a heureusement pas gêné la gestion de Bruxelles. Gestion qui fut, c’est désormais une constante, évoquée lors du traditionnel comité de concertation Régions-fédéral. Un rendez-vous à ne jamais manquer. Souvenez-vous, la dernière fois « Onze Rudi 4 BECI - Bruxelles métropole - avril 2015 La politique, c’est comme l’entreprise ou le spectacle : une grande famille : ) », allias Vervoort, avait dû s’y expliquer de comparatifs historiques douteux entre le gouvernement fédéral actuel et celui qui représentait l’occupant nazi. La volée de bois vert n’a pas tardé. Cette fois ce fut l’inverse : c’est la région qui a tancé le fédéral. Pour la manière dont il avait calculé ce qui lui revenait en fonction de la loi de financement. « Moins 12 % du budget annoncé », éructait Bruxelles. « Tout est conforme à la loi de financement », rétorquaient les comptables fédéraux. Guy Vanhenghel, le Ministre du Budget dont le parti siège à la région et au fédéral a dû avaler son sandwich de travers. Flairant le piège, il a évité autant que possible tout ce qui ressemblait à un journaliste. Tant qu’on en est à imaginer les réactions des uns et des autres, on se dit que Jacqueline Galant, elle, a dû trouver tout cela bien normal, que Pascal Smet avait certainement une proposition novatrice pour « tout gérer », que Bianca Debaets avait dans sa besace un communiqué de presse prêt à envoyer et que Fadila Laanan pensait à proposer un nouveau sac poubelle pour jeter tout ce qui déplaisait aux uns et aux autres. La scène prête à sourire. Sauf si l’on revient à l’essentiel : la répartition du fruit de l’impôt entre entités d’un même État. Alors, elle démontre l’immaturité de notre sphère politique. Et son incapacité à faire fonctionner efficacement un système fédéral qu’elle a elle-même voulu et façonné. Quant à l’entrepreneur, il ne peut que se désoler d’imaginer qu’une telle cacophonie budgétaire et managériale serait tout simplement interdite dans son entreprise. ● CORNER

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