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Smart Cities « Le citoyen peut améliorer la propreté de Bruxelles » L’application Fix My Street, qui permet aux citoyens de dénoncer certaines infractions publiques, est un exemple en termes de citoyenneté responsable. V ous êtes tombé sur un tas d’immondices sur le pas de votre porte ? Grâce à l’application mobile et au site web Fix My Street, développés par le CIRB, Centre informatique de la Région de Bruxelles-Capitale, vous pouvez signaler cette incivilité en postant une photo et un commentaire, qui alerte ainsi Bruxelles Propreté. « Fix My Street a été créée en 2013 par Bruxelles Mobilité à l’initiative de la ministre Brigitte Grouwels, qui gérait à l’époque les dossiers mobilité et informatique », explique Michaël Timmermans, coordinateur de l’application Fix My Street. « Elle a été créée pour dénoncer les problèmes sur les voiries. Des modifications ont été régulièrement apportées et nous avons surtout ouvert en 2017 l’application aux services liés à Bruxelles Propreté. » C’est d’ailleurs depuis cette année que l’application connaît un vrai boom d’utilisation. « En 2018, nous comptabilisions 40 000 infractions dénoncées via Fix My Street et, ce mois de septembre 2019, nous avons déjà dépassé les 40 000 infractions. Chaque mois, le nombre d’utilisateurs augmente. Parmi ces 40 000 infractions dénoncées, 17 000 incidents sont liés aux déchets, c’est la thématique n° 1. » D’autres infractions peuvent être signalées via l’application, dont celles liées au marquage au sol (passages piétons, avertissement pour un carrefour etc.), à la signalisation, à l’éclairage ou encore au mobilier urbain. « L’application est utilisée par les citoyens mais également de plus en plus de professionnels », poursuit M. Timmermans. « Depuis 2018, 65 % des utilisateurs sont des citoyens et 35 % sont des professionnels, notamment des gardiens de la paix, des agents communaux et des agents de police. Nous tentons régulièrement de les convaincre les professionnels de l’utiliser. » Une plateforme de vidéosurveillance par le citoyen Fix My Street est la preuve qu’un habitant peut s’impliquer dans sa ville, grâce à la 'smart city'. D’autres exemples d’applications citoyennes, dont certaines ne sont pas encore opérationnelles sur le territoire, peuvent améliorer d’autres domaines d’intérêt général, à l’instar de la sécurité. La startD.R. Un cas concret tiré de l’appli : un dépôt clandestin signalé par cette photo, Quai aux Briques. Résolu. up israélienne Carbyne a ainsi développé l’application c-Now, destinée à avertir les services d’ordre lors de délits. Si vous assistez par exemple à une agression dans un métro, vous pouvez filmer une vidéo avec votre smartphone, enregistrer un son ou envoyer un SMS. Ces informations sont ensuite envoyées sur la plateforme c-Now, connectée aux services de sécurité de la ville. Un responsable de la start-up souligne que « cette application réduit à 50 secondes en moyenne le temps qu’il faut à un opérateur de centre d’urgence pour décider d’intervenir. » Déjà activée dans des pays comme les États-Unis ou Israël, l’application fait débat. Certaines associations parlent d’une atteinte aux libertés. Un citoyen anonyme peut-il ainsi dénoncer un fait qu’il considère lui-même comme dangereux, sans jugement préalable de la police ? Qu’en est-il des citoyens filmés à leur insu dans un lieu privé ? En 2018, soit deux ans après les attentats de Nice, le maire Christian Estrosi avait lancé une phase-test, en proposant à 2000 volontaires d’essayer l’application. « Chacun d’entre nous doit devenir un citoyen engagé, acteur de sa propre sécurité et donc de sa sécurité collective », avait-il défendu à l’époque. « Lorsque les nouvelles technologies le permettent, pourquoi s’en priver ? » Deux mois plus tard, la phase-test était toutefois interrompue par la Cnil, sorte de gendarme du numérique en France, considérant l’implication comme intrusive. Selon nos informations, l’arrivée d’une application de ce type n’est pas à l’ordre du jour en région bruxelloise.● Géry Brusselmans 28 ❙ Bruxelles Métropole - octobre 2019

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