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Mobilité & logistique Le RER genevois connecte 1 million de personnes © Getty Les plans Good Move de Bruxelles pourraient s’inspirer de villes étrangères. Comme Bruxelles, Genève est engorgée par sa croissance démographique et le nombre de ses navetteurs. Face aux discussions entre les 19 communes bruxelloises, on imagine le tour de force qu’il a fallu pour convaincre les 45 communes de l’agglomération genevoise de participer à une organisation transfrontalière et à la gestion des transports en commun. Genève a pourtant réussi à centraliser la gestion des trains, trams et bus ! L' agglomération suisse a décidé en 2014 d’éliminer une fois pour toutes le fractionnement de ses transports en commun et d’opter pour une approche différente. « Nous avons voulu resserrer les liens entre les diverses autorités, les administrations et la population », explique David Favre, directeur général de l’Office Cantonal des Transports Publics de Genève. 2017 a vu la création de la Direction Générale des Transports (DGT) : une seule compagnie pour l’ensemble du canton, en concertation avec les organisations coopératives locales. Deux comités ont vu le jour : un pour toutes les parties prenantes et le second pour tous les partenaires professionnels privés. Une enquête auprès de 12.000 citoyens a permis à la population de s’exprimer. Doubler la capacité L’union des forces a conduit à une vision stratégique pour 2030. « Elle ne se limite pas à améliorer la mobilité », indique David Favre. « Nous voulons évoluer vers une agglomération plus verte. » Le Forum Mobilité 2030 a constitué une première avancée, avec l’approbation du plan par les 150 participants. Principe important, les moyens de transport qui nécessitent peu d’espace public sont désormais privilégiés. Et la capacité des transports publics devrait doubler d’ici 2030. « La priorité va aux transports en commun, sans pour autant oublier la mobilité douce », explique M. Favre. Ainsi, les adeptes de la marche bénéficieront par exemple de feux de signalisation intelligents à hauteur des passages pour piétons (via des capteurs qui détectent la chaleur corporelle). Et les cyclistes apprécieront l’extension du réseau cyclable. Genève a édicté une loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE). Elle contient une centaine de mesures, approuvées à 68 % des voix. La majorité souhaite davantage de mobilité de proximité, plus de parkings en périphérie, la limitation généralisée à 30 km/h dans le centre-ville et davantage de nouveaux services tels que des scooters et vélos partagés. Il est frappant de constater que certaines mesures profitent davantage aux résidents qu’aux usagers de la route. Genève souhaite 20 % de transports en commun en plus d’ici 2024. Le Léman Express mis en service récemment joue d’ailleurs un rôle crucial dans cette transition. Ce RER qui dessert 45 gares et 23 km de lignes connecte 1 million de personnes. Aujourd’hui, 80 % des habitants et 86 % des navetteurs se trouvent dans un rayon de 1,5 km du réseau. Il n’existe qu’un seul ticket pour toutes les lignes. Les tarifs sont multimodaux et avantageux. La concrétisation de ces plans particulièrement ambitieux nécessite des travaux de grande ampleur aux infrastructures routière et ferroviaire. 50 grands chantiers sont actuellement en cours, dans le canton. David Favre admet qu’il doit solliciter la patience de la population. Pourtant, quand on explique que tout cela a pour objectif de fluidifier le trafic et de rendre les déplacements plus efficaces, les gens se montrent particulièrement compréhensifs. Par ailleurs, une plate-forme en ligne coordonne les chantiers, communique à leur propos et s’efforce de réduire autant que possible les désagréments pour les citoyens. Un autre atout est la certitude que les initiatives porteront leurs fruits. Les mesures déjà concrétisées ont conduit, à ce stade, à une réduction de 14 % du trafic de navetteurs aux entrées de la ville. ● Peter Van Dyck Bruxelles Métropole - septembre 2019 ❙ 35 D.R.

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