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© Reporters Bruxelles fut la première ville industrielle du pays jusque dans les années 1960. Ci-dessus : les ateliers Cail & Halot, à Molenbeek, produisaient des machines à vapeur. URBANISME Cities of Making : pour une nouvelle industrie urbaine Et si les villes étaient l’endroit de tous les possibles, où toutes les fonctions, résidentielles, de service et même industrielles, pourraient trouver leur place dans un esprit de respect et même de complémentarité ? Ce projet n’est pas une utopie. C’est la feuille de route que se sont fixé les initiateurs de Cities of Making. Johan Debière D epuis une trentaine d’années, le secteur industriel a périclité dans la plupart des grandes villes d’Europe. Ce constat est connu. Pourtant, en dépit des aléas économiques, quelques industries, de petite et parfois de grande taille, se sont maintenues dans les villes. Souvent méconnues et invisibles, elles ont survécu à de nombreuses crises. Aujourd’hui confrontées à de nouveaux dangers – technologies galopantes, compétition pour les talents, prix du foncier et cohabitation avec la fonction résidentielle –, elles constituent une fonction « faible », voir menacée. Cette menace s’est accélérée à Bruxelles avec la mise en œuvre en 2013 du PRAS dit « démographique », qui autorise l’installation de logements sur d’anciennes ZIU (zone d’entreprises en milieu urbain ou Zones d’Industrie Urbaine), tout en y maintenant de l’activité industrielle. Mais laquelle ? Et comment ? C’est à cette question que s’est attelé le consortium Latitude/ULB/ VUB/Beci. Une étude tridimensionnelle Le projet a germé dans les méninges d’Adrian Hill, un chercheur d’origine australienne, dépité de ne pas trouver à Bruxelles une définition claire de la « ville productive ». Face à ce constat, il a préparé un projet européen et obtenu un budget pour mener une étude dont l’objectif est d’identifier les bonnes conditions pour permettre le (re)développement d’une industrie urbaine, résiliente, innovante et adaptée aux contraintes imposées par le milieu urbain. La particularité du projet, qui s’étend sur une trentaine de mois depuis avril 2017, est de se dérouler en paral20 BECI - Bruxelles métropole - avril 2018 Audi Brussels est aujourd’hui l’un des rares employeurs industriels en Région bruxelloise. lèle dans trois villes européennes touchées par la désindustrialisation : Rotterdam, Londres et Bruxelles. Ces trois villes concentraient autrefois un mélange d’activités industrielles, de service et de zones dédiées à l’habitat. Depuis la deuxième moitié du 20e siècle, cette mixité a eu tendance à se réduire au profit des activités de services et du résidentiel, les activités productives étant rejetées à l’extérieur des zones urbaines. Pour les passionnés d’urbanisme comme Lise Nakhlé, conseillère urbanisme/immobilier chez Beci, cette situation est doublement dommageable : « La ville est un écosystème où chaque élément a son importance. Ejecter de Bruxelles un acteur industriel qui apporte quelque chose d’essentiel au métabolisme urbain peut avoir des conséquences directes et indirectes très dommageables ». © Reporters

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