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FOCUS PURCHASING Achats durables : « Une approche qui fait partie de l’ADN de l’entreprise » Depuis la fin des années 90, les exemples d’entreprises qui intègrent la notion de développement durable dans leur management sont de plus en plus nombreux. Les plus impliquées vont jusqu’à développer une véritable stratégie impliquant jusqu’à la politique d’achat. Et elles en sortent gagnantes. Johan Debière A ujourd’hui, les entreprises qui intègrent d’une manière ou d’une autre la notion de développement durable dans leurs actions sont nombreuses. On ne compte plus les ruches installées sur le toit des entreprises, les plans d’action visant à mobiliser le personnel autour d’une bonne cause ou encore les plans de réduction des impacts environnementaux de la production. Tout cela doit évidemment être salué, mais une étape supplémentaire semble aujourd’hui en train de s’engager : elle concerne ce que les spécialistes appellent le « green procurement ». Spadel a mis en place une ‘Supplier Sustainability Charter’. Green procurement « Pour que le développement durable s’établisse véritablement dans l’organisation, sa mise en œuvre doit s’étendre dans toute ses fonctions de gestion, et notamment dans son processus d’achats », relève Ludovic Verbeke, auteur d’une thèse sur le sujet dans le cadre de ses études à la Louvain School of Management, où il a décroché un master en sciences du management. Ludovic Verbeke a pu constater combien cette intégration de la politique d’achats « verts » au sein des entreprises se révélait difficile, il y a encore quelques années d’ici, du fait du manque d’outils. Un manque désormais comblé grâce au développement de méthodes d’intégration de la durabilité au sein du processus d’achat, avec d’une part la méthode dite de « Leire et Mont »1 et le Green Procurement2 prôné par la Commission Européenne à partir d’une expérience d’abord acquise auprès du secteur public (Green Public Procurement). Quatre étapes essentielles Ludovic Verbeke identifie quatre étapes essentielles pour qu’une politique d’achats durables soit implémentée de manière réellement efficace au sein d’une entreprise : « Il faut commencer par définir soigneusement les priorités et les activités cibles ; il faut ensuite intégrer les critères 48 BECI - Bruxelles métropole - mars 2018 environnementaux et sociaux dans le processus existant ; vient alors la formation des équipes ; enfin, et ce point n’est pas à négliger, il faut clôturer avec la mise en place d’une collaboration spécifique avec les fournisseurs ». À la question du « comment », Ludovic Verbeke est formel : il faut s’appuyer sur les ressources existantes. Comme le « handbook » de la Commission Européenne, les normes ISO ou encore les conventions et les pactes parfois engagés par certains secteurs comme ceux du textile ou de l’agro-alimentaire. « Lors de la rédaction de ma thèse, j’ai pu constater combien le manque d’une approche stratégique formalisée (ndlr : notamment l’ISO 26000) pouvait nuire au déploiement efficace de la politique d’achat vert au sein de l’entreprise ». Il s’agit en particulier de bien communiquer en interne avec les différents départements ; le management doit montrer la détermination des engagements pris auprès de toutes les parties prenantes, qu’elles soient internes ou externes. Spadel, cas d’école Parmi les entreprises exemplaires à cet égard, on trouve Spadel, le dernier grand minéralier indépendant familial belge, qui produit et commercialise des eaux minérales 1 Mont, O. et Leire, C. (2009), « Socially Responsible Purchasing in Supply Chains: Drivers and Barriers in Sweden », Social Responsibility Journal, Vol. 5 No. 3, p. 388 407. 2 http://ec.europa.eu/environment/gpp/index_en.htm D.R.

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