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TOPIC Olivia P’tito dier Gosuin, ouvre à une réduction de cotisations sociales allant jusqu’à 15.900 euros sur deux ans et demi. Une prime de 5.000 euros est encore octroyée pour les jeunes de moins de 30 ans non diplômés du secondaire. Olivia P’tito précise que l’objectif est d’atteindre 1.500 FPI en entreprise en 2018, contre 1.250 en 2016. Une Cité des Métiers en devenir La Cité des Métiers est en développement à la tour Astro à Saint-Josse-ten-Noode, qui abrite Actiris, Bruxelles Formation et le VDAB Brussel. Le partenariat s’étend aux acteurs de l’enseignement et aux fédérations sectorielles. « Le concept est de mettre l’usager au centre », souligne Grégor Chapelle. « C’est son projet professionnel qui prime dans un carrefour multipartenarial où les institutions s’effacent pour lui donner la meilleure information. » Pour les métiers en pénurie, il insiste sur le respect de la liberté de choix, au niveau de la formation comme de la profession : « Forcer les gens est le système le plus contre-productif au monde. C’est un gaspillage d’argent. » Olivia P’tito abonde dans son sens et explique la voie suivie : « On peut lutter contre les préjugés des chercheurs d’emploi, qui reproduisent souvent ce qu’ils voient autour d’eux. Le rôle de la future Cité des métiers est d’ouvrir le champ des possibles et de monter tous les chemins pour y arriver ». Si les dénominations « fonctions critiques » et « métiers en pénurie » laissent à penser que ce sont des emplois dont personne ne veut, Grégor Chapelle envisage de revoir les termes usités, considérant que parler de métiers d’avenir, à débouchés ou porteurs d’emplois serait plus enthousiasmant. Un observatoire pour la formation Outre ces grands chantiers opérationnels, l’Observatoire bruxellois de l’emploi deviendra celui de l’emploi et de la formation. Il fera l’inventaire des mesures d’emploi et des formations en Région bruxelloise et évaluera leurs taux de retour à l’emploi. Cela permettra de mieux cerner les métiers réellement en pénurie et de réorienter les moyens publics dans une logique d’efficacité. Actiris et Bruxelles Formation se déploient aussi autour de l’enseignement secondaire pour favoriser l’entrée sur le marché de l’emploi. « Le manque le plus criant, c’est le manque de places en stage », constate Grégor Chapelle. « Le gouvernement bruxellois nous a offert quelques équivalents temps plein pour qu’on puisse aller essayer de convaincre les employeurs de prendre en stage des jeunes de l’enseignement technique et professionnel et de la formation en alternance. » Le clivage entre général et qualifiant, d’un côté, et la difficulté à trouver des techniciens qualifiés de l’autre, pourraient être mis en balance. Le moindre intérêt des universitaires pour les professions d’ingénieurs est susceptible en ce sens de faire écho au manque de confiance des élèves du professionnel en leurs capacités de poursuivre un graduat technique, en électromécanique par exemple ou dans le secteur de la chimie. Bruxelles Formation, qui dispose de nombreuses formations dans ces métiers techniques, comme dans le domaine d’avenir de l’informatique, est en tout cas confrontée à ce frein qu’est la dévalorisation. « Les chercheurs d’emploi nous disent que la formation - outre les compétences techniques qu’elle leur a procurées - leur a surtout redonné confiance en eux, confiance aussi dans le fait de travailler en équipe », observe Olivia P’tito. « Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le caractère humain de la formation, ni l’importance du travail de remobilisation de nos formateurs avec des personnes peut-être trop souvent dévalorisées dans le monde scolaire ou par le biais de la vie. » Grégor Chapelle La part de l’entreprise Il y a des fonctions critiques sur lesquelles Actiris et Bruxelles Formation ont peu de prise, car elles relèvent plus de la concertation sociale entre employeurs et syndicats. C’est le cas de métiers comme infirmier, dont les salaires sont bas et la pénibilité élevée. Le travail au noir dans l’horeca et les travailleurs détachés dans la construction sont autant de pratiques qui découragent à s’orienter vers ces professions, selon Grégor Chapelle : « Face au dumping social, il est difficile de rendre un métier attractif. Quand les gens se projettent dans ces métiers lourds, ils se disent qu’ils auront des salaires tirés vers le bas ou qu’ils seront obligés de travailler au noir, et donc de se fermer la porte de la propriété et de la protection sociale. » Les efforts des services publics d’emploi et de formation ont gagné la confiance des employeurs, mais la marge de progression est grande, Actiris regroupant aujourd’hui 5.000 des 34.000 employeurs bruxellois. Le défi des prochaines années sera de propulser cette offre qualitative dans une phase opérationnelle plus massive. ● 24 BECI - Bruxelles métropole - septembre 2017 © Reporters © Reporters

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