21

GESTION DES RISQUES Business Continuity Plan : quand le risque est maîtrisé Chaque entreprise risque un jour ou l’autre être confrontée à un événement imprévu qui perturbe le déroulement habituel de ses activités. Piratage informatique, intempérie, attentat, lockdown, grève, décès brutal d’un ou plusieurs dirigeants, incendie, épidémie… Si l’organisation ne s’y est pas préparée, les conséquences sur son fonctionnement et la gestion du personnel peuvent être très lourdes. Pour anticiper ces risques, de plus en plus d’entreprises mettent en place un Business Continuity Plan. 20 janvier 1995, aéroport du Bourget. Le Mystère 20 vient de décoller mais doit atterrir en urgence. Lorsqu’il touche la piste, l’avion explose, ne laissant aucun survivant parmi les passagers. À son bord, Bernard Dumon, PDG du groupe sucrier Saint-Louis, géant de l’industrie agro-alimentaire, ainsi que la plupart des membres de la direction de l’entreprise. Aucun successeur n’est prévu pour reprendre les rênes de la boîte. Peu de temps après, une partie des activités du groupe est démantelée. Le reste sera racheté en 2001 par Südzucker. Ce n’est pas le seul exemple de société qui ne survit pas à la mort de son patron, mais ce cas est célèbre car il a donné lieu à la mise en place de la « jurisprudence Saint-Louis ». Celle-ci stipule que les dirigeants des grandes entreprises ne peuvent désormais plus voyager ensemble dans le même avion. Les événements du 11 septembre 2001 ont certainement contribué à encourager les entreprises à se préparer au pire, en mettant progressivement en place des Business Continuity Plans (BCP). L’objectif est d’assurer une continuité – même partielle – des activités de l’organisation en cas de perturbation majeure. De la prévoyance… Michel De Wolf est doyen de la Louvain School of Management, professeur de droit des affaires et de sciences de gestion. Selon lui, l’intérêt du BCP est relatif, ou plus exactement ne doit pas passer avant des problématiques plus universelles. « La situation d’une entreprise peut se détériorer avec le temps à cause d’une mauvaise gestion, d’une obsolescence technologique, d’une perte de compétitivé, etc. La probabilité de survenue d’une telle situation est bien plus élevée que celle de devoir déployer un BCP ! Il faut d’abord s’attaquer aux problèmes les plus fondamentaux. La société doit d’ailleurs être assurée correctement et La situation d’une entreprise peut se détériorer avec le temps. La probabilité de survenue d’une telle situation est bien plus élevée que celle de devoir déployer un BCP ! Michel De Wolf (Louvain School of Management) intelligemment. En contractant au moins une assurance RC exploitation pour se prémunir en cas de dommage causé par ses activités. Mais il existe par exemple aussi des assurances pour la disparition d’un dirigeant. Ceci est utile surtout pour les PME, car elles ont souvent du mal à trouver rapidement un repreneur. » BECI - Bruxelles métropole - décembre 2016 19 Julien Ide © R.A. © Thinkstock

22 Online Touch Home


You need flash player to view this online publication