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THINK TANK TOUR DES COMMUNES À MI-MANDAT De Bruxelles-Ville à Watermael-Boitsfort BECI poursuit son tour des communes bruxelloises, trois ans après avoir proposé sa « Charte communale » aux partis politiques. Propos recueillis par Olivier Fabes Bruxelles : un dynamisme privé jamais vu mais de lourdes inquiétudes Au tour du très exposé Yvan Mayeur de se prêter à l’exercice d’introspection à mi-mandat. Avec une grille d’analyse exceptionnelle et grave, tant le cœur de la Région-capitale est encore marqué par les attentats. Même si, en cette belle journée de mi-avril, les abords de la Grand-Place semblent retrouver leur animation... et le maïeur toute sa combativité. Jusqu'à l'aveuglement ? circulation, mais j’ai une échevine (ndlr : Els Ampe, Open VLD) qui mène une réflexion profonde par rapport aux rues à sens unique et qui s’entoure de techniciens. On va gagner en fluidité, en rapidité pour arriver au centre-ville. Et on a supprimé le trafic de transit. Moi, je n’avais pas d’opinion, sauf que je vois que ça marche. Donc je suis d’accord avec elle. À valider sur une plus longue période… Avant la mise en place du plan de circulation et du piétonnier, c’était embouteillé tout le temps. Il y a une espèce d’amnésie par rapport à tout ce qu’on a vécu comme encombrements, au lieu de reconnaître l’effectivité de nos politiques. Par rapport à cette ville qui essaie de se redresser, y a-t-il déjà quelques signes positifs ? Il ne faut pas minimiser. Nous avons vécu le « lockdown » fin novembre ; les conséquences ont été immédiates, elles ont malheureusement perduré. Alors que début mars augurait d’une tournure positive, le 22 mars arrive et on replonge dans une situation catastrophique. Nous sommes en vraie difficulté, non seulement pour tous les acteurs économiques et commerciaux, mais aussi pour le budget de la ville ellemême. Quelle est l’estimation de coût à ce stade ? On n’est pas encore fixés, mais notre budget ne tient plus la route. Je ne sais pas comment on va s’en sortir... Yvan Mayeur Cela fait du bien de voir à nouveau un peu de monde sur les terrasses ... Yvan Mayeur : Bien sûr. Mais écrivez-le s’il-vous-plaît ! L’image que donnent certains du centre-ville, y compris certains acteurs économiques ou commerciaux, renforce la spirale négative. Je n’ai jamais mis si peu de temps pour arriver en centre-ville. Le signe aussi d’une anormalité... Pourquoi ? C’est peut-être le signe que notre plan de circulation fonctionne. Je ne suis pas un idéologue des plans de 8 BECI - Bruxelles métropole - mai 2016 Trop tôt pour parler de retour à la normale, donc ? Peut-être que dans un mois, si le temps est clément, le tourisme pourra reprendre. Mais notre premier problème, ce sont les tour-opérateurs. Dès lors que certains d’entre eux ne garantissent plus un certain nombre de voyageurs, l’impact est énorme sur le secteur hôtelier, et pas uniquement. En prenant mes responsabilités, j’ai permis que des activités puissent se tenir, alors que les recommandations étaient de ne pas le faire. Les Plaisirs d'Hiver ont quand même attiré 1 million de personnes (ndlr : contre 1,5 million en 2014). On a sans doute évité des faillites en décembre. Votre stratégie de piétonisation du centre-ville ne fait évidemment pas l'unanimité... J’observe dans le Pentagone une dynamique jamais vue depuis 20 ans. Je vois les investisseurs privés qui arrivent, tant en immobilier résidentiel qu’en surfaces commerciales. Il y a plein de projets : la redynamisation du Centre Monnaie ; Carrefour qui revient dans le centre-ville avec un hypermarché, sous le piétonnier ; de nouveaux établissements qui ouvrent à Saint-Géry... et puis 1.000 logements nouveaux en préparation. Le chancre de l’Îlot Sacré, le plus vieux de Bruxelles, est en rénovation. Tout s’est vendu comme des

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