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TOPIC Piétonnier : en avant, marche ! MOBILITÉ & LOGISTIQUE La phase-test du piétonnier bruxellois a démarré cet été : pendant huit mois, les voitures ne seront plus les bienvenues dans les 50 ha de zone pédestre du Pentagone. But : rendre la ville plus attrayante et favoriser le shopping – malgré les inquiétudes exprimées par les commerçants. Mais si la véritable plus-value du piétonnier était ailleurs, en termes de santé publique ? Gaëlle Hoogsteyn U n piétonnier dans le cœur d’une capitale, c’est chouette. Les habitants comme les touristes apprécient de se balader en toute liberté, sans devoir faire attention aux voitures. Les enfants courent, les adultes flânent… il y a comme un air de vacances dans l’atmosphère. À l’image d’Ottawa, qui réalisa en 2013 un plan de circulation piétonnier, la création du centre pédestre doit rendre Bruxelles plus attrayante, sûre et conviviale. L’ambition du projet ? Transformer Bruxelles en une ville piétonne, dotée d’un domaine pédestre dynamique et fonctionnel qui encouragera les résidents à marcher 365 jours par an, favorisant les rencontres et l’insertion sociale – sans oublier le shopping urbain. En bref, une ville où il fait bon vivre. Et si ce piétonnier avait d’autres avantages, notamment en termes de santé ? Un kilomètre à pied, ça use, ça use… Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la sédentarité est aujourd’hui le quatrième facteur de risque de mortalité mondiale. Elle serait en constante augmentation avec des conséquences majeures pour la santé générale. « La sédentarité entraîne des maladies, comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète et le cancer, qui seraient la cause de plus de la moitié des décès mondiaux (6 décès sur 10) », explique Philippe Van de Borne, chef du service de cardiologie à l’hôpital Erasme et professeur à l’Université Libre de Bruxelles. Toujours d’après l’OMS, 5 % de la mortalité mondiale serait imputable à la surcharge pondérale et à l’obésité. « C’est pourquoi l’exercice physique est indispensable à un bon équilibre de vie », poursuit notre expert. Les bienfaits de la marche ne sont plus à mettre en cause. Si vous prétextez ne pas avoir le temps de faire du sport, rien ne vous empêche de descendre un arrêt de métro ou de bus plus tôt ou d’aller faire quelques courses à pied. « L’OMS préconise, pour les adultes de 18 à 64 ans, au moins 150 minutes d'activité d'endurance d'intensité modérée par semaine, ce qui correspond à une cadence d’environ 100 pas/minute », illustre Philippe Van de Borne. Dans la lutte contre l’obésité et les maladies cardio-vasculaires, il est recommandé d’augmenter progressivement cette durée pour atteindre 300 minutes par semaine. « Un adulte en bonne santé effectuerait entre 7.000 et 13.000 pas par jour tandis que ce chiffre serait inférieur à 5.000 chez les personnes inactives, qui parcourent ainsi moins de 4 km par jour. Quand on sait que, selon le Conseil Supérieur de la Santé, 14 % de la population belge est obèse et que 54 % des hommes et 40 % des femmes sont en surpoids, les effets de la marche ne sont pas à sous-estimer. » 30 minutes d’activité physique modérée permettent d’ailleurs de brûler au moins 1000 Kcal par semaine. « Mais n’en profitez pas pour succomber à la tentation des gaufres et glaces proposées à l’intérieur du piétonnier, sous peine de devoir rajouter quelques pas supplémentaires à votre quota ! » Pas envie de compter vos pas ? Pour une évaluation efficace de votre quota, téléchargez une application gratuite qui mesure le nombre de pas effectués sur la journée. Runtastic, par exemple, permet aussi de partager son score sur les réseaux sociaux, ce qui encouragerait l’activité physique. Pour les moins connectés, le podomètre classique coûte environ 20 € dans un magasin de sport. À vos podomètres, prêts ? Partez ! ● Respirez à fond ! Moins de voitures, c’est moins de bruit, mais surtout une qualité de l’air améliorée. Tout comme observé lors des dimanches sans voiture, les émissions de CO2 ont fortement diminué dans le centreville. Détail non négligeable lorsqu’on sait que la Belgique se situe dans le top 5 des plus grosses empreintes écologiques. Grâce à l’aménagement de parkings hors de la ville, d’une modification des parcours STIB et à l’intégration du piétonnier, du réseau cyclable et des transports publics, la marche et les deux-roues deviendront une solution de rechange viable à l’automobile. BECI - Bruxelles métropole - septembre 2015 51

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