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Génération(s) climat Thomas et Alexia Leysen : s’inspirer mutuellement Thomas Leysen est président de la KBC, d’Umicore et de Mediahuis. Cet entrepreneur s’illustre aussi comme fervent défenseur de l’économie durable. On serait tenté de croire que les enfants d’un père comme lui seraient d’office des inconditionnels de l’écologie. Ce serait faire peu de cas des mérites personnels de ses quatre enfants Christophe, Stéphanie, Alexia et Philippe. G reenpeace déboule en 1971 avec une première opération. Un an plus tard, le Club de Rome publie « Halte à la croissance ? », un rapport alarmant. Thomas Leysen, écolier à l’époque, s’imprègne de l’ambiance du moment et décide de s’impliquer pour l’environnement. Devenu entrepreneur, il poursuit son engagement en faveur d’un monde durable. Sous sa direction, la très polluante Union Minière se métamorphose en Umicore, un des joyaux de l’économie verte. Dans l’intervalle, Thomas Leysen multiplie les conférences pour faire connaître sa vision de l’économie durable. Je suis adepte d’une taxe CO₂, en dépit des multiples résistances. « Il en parlait à la maison, mais je ne me sentais pas vraiment concernée », confesse sa fille Alexia (30 ans). « C’est vers 18 ans que j’ai pris conscience de l’impact de notre mode de vie sur l’environnement, le climat et la biodiversité. Des lectures m’ont fait comprendre comment le dérèglement de l’écosystème conduit à une planète invivable. J’ai entrevu que les personnes les moins favorisées seraient aussi les principales victimes du réchauffement climatique avec, à la clé, un renforcement des inégalités. J’ai réellement commencé à me faire du souci quand j’ai saisi que nos problèmes ne feraient que s’accroître si nous continuions à saccager l’environnement. » Le papa a-t-il imposé ses conceptions aux enfants ? Thomas Leysen s’amuse de la question. « J’ai essayé de donner le bon exemple et d’expliquer l’une ou l’autre chose. Mais en fin de compte, les enfants font leurs propres choix. J’ai semé des graines ci et là, certes, mais jamais je n’ai voulu imposer mes convictions personnelles. » Alexia se dit que « pour de jeunes parents, il peut être intéressant d’intégrer la dimension climatique à l’éducation des enfants. Ceux qui grandiront avec des conceptions de vie durables considéreront cela comme allant de soi. » C’est LA mesure qui peut induire un changement de comportement. Thomas Leysen Influencer la famille Alexia estime que tous les membres de la famille sont plus ou moins sur la même longueur d’onde. « Nous sommes tous conscients de l’ampleur du problème climatique et nous prenons les scientifiques au sérieux. Mais chacun gère cela à sa façon au quotidien. Il y a sept ans, les médias y étaient moins attentifs, mais je réduisais déjà la consommation de viande, l’utilisation de plastique et les déplacements en auto et en avion. J’ai défendu ces principes au sein de la famille et les autres m’ont suivie. Ne dites jamais aux autres qu’ils font fausse route : ils vous laisseront tomber. J’ai appris à éviter ce piège. Il est plus utile de 24 ❙ Bruxelles Métropole - juin 2019 D.R.

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